Sanofi condamné, pris en Algérie la main dans le sac

09 Mai 2012

Mercredi 2 mai, le directeur général du groupe pharmaceutique Sanofi en Algérie, Thierry Lefèbvre, a été condamné à un an de prison avec sursis par le tribunal d'Alger. Il devra acquitter une amende de 20 millions d'euros.

Cette filiale du groupe Sanofi était poursuivie par les douanes algériennes pour une surfacturation de matières premières destinées à la fabrication de médicaments dans les deux usines que le groupe possède sur place, où il emploie 650 salariés, qui réalisent un chiffre d'affaires de 210 millions d'euros, soit 12 % du marché du médicament local. Ces surfacturations sont considérées par les douanes comme un transfert illégal de capitaux.

Le ministre de la Santé algérien a estimé le coût des surfacturations de médicaments en Algérie à 94 millions de dollars rien qu'en 2011, sans dire quelle part revenait à Sanofi. Le mécanisme de la surfacturation est assez classique, et si Sanofi s'est fait prendre la main dans le sac, il n'est pas le seul à pratiquer de la sorte. GlaxoSmithKline (GSK), un laboratoire pharmaceutique britannique, devrait être poursuivi pour des faits semblables.

Dans l'affaire contre Sanofi, la presse algérienne a expliqué que 25 kilos de Glimepiride, un principe actif qui entre dans la fabrication de médicaments antidiabétiques avaient été achetés par Sanofi à sa filiale allemande pour 38 220 euros et refacturés à la filiale algérienne plus de 1,1 million d'euros, soit une marge frisant 2 900 %, qui rappelle les plus belles heures du pillage colonial.

Pendant le procès, le prix des médicaments Sanofi a été évoqué. Ils coûtent en moyenne cent fois plus cher que les équivalents de l'industrie algérienne. Sanofi s'est défendu en vantant la qualité des produits qu'il y incorpore. Une expertise est en cours pour savoir ce qu'il en est.

Il reste une question. Sur près de neuf milliards de profits engrangés l'an dernier par le groupe Sanofi, un milliard provenait de ses opérations en Afrique. On aimerait savoir quelle part de cette somme était le fruit de surfacturations scandaleuses.

Jacques FONTENOY