PSA Peugeot Citroën - Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) Deux actions pour se faire entendre

09 Mai 2012

Début mai, les travailleurs de PSA Aulnay ont saisi toutes les occasions pour protester contre la menace de fermeture de l'usine, prévue pour après les élections présidentielles.

Ainsi le 1er mai, le cortège des travailleurs de PSA Aulnay a réussi à se placer en tête de la manifestation parisienne, derrière le carré de tête composé des responsables des syndicats. Près de 200 travailleurs de l'usine, rejoints par leurs camarades des usines de Saint-Ouen et de Poissy, ont défilé en scandant des slogans contre la crise : « Merde à la dette, on leur doit rien », « De l'argent il y en a dans les caisses de PSA, aucune usine ne doit fermer » ou encore, pour répondre aux provocations de Sarkozy, « Nous sommes tous des vrais travailleurs ». Sur une bonne partie du parcours, les spectateurs applaudissaient le cortège de PSA, combatif et dynamique, renforçant l'enthousiasme des ouvriers d'Aulnay.

Depuis plusieurs jours, il se discutait aussi d'organiser une action surprise avant le deuxième tour de la présidentielle. Il a été décidé de se rassembler devant le débat très médiatisé du mercredi 2 mai, pour interpeller Sarkozy et Hollande sur la menace de fermeture de l'usine. Cette action, organisée en toute discrétion pour ne pas éveiller les soupçons de la direction de PSA et de la police et pouvoir ainsi se rapprocher au maximum du lieu du débat, a été réussie.

Ce jour-là, près d'une centaine de travailleurs, essentiellement des militants CGT et SIA, ont pris par surprise les forces de police qui ne les attendaient pas. Le désarroi des autorités faisait plaisir à voir quand ils ont déployé leur banderole à quelques mètres de l'entrée du studio. Du coup, une délégation a été reçue par des représentants de chaque candidat.

Bien sûr, ils ne se sont engagés qu'à organiser très rapidement une réunion tripartite entre la direction de PSA, les syndicats de l'usine d'Aulnay et le futur gouvernement, avec la présence du ministre de l'Industrie. Mais les travailleurs avaient réussi à imposer leur présence. Et cette présence comme leurs propos dénonçant le sale coup de la direction de PSA voulant fermer une usine ont été retransmis sur toutes les chaînes de télévision.

Lorsque Hollande est arrivé sur les lieux, il s'est senti obligé de venir saluer les manifestants, qui l'ont prévenu qu'ils se battront jusqu'au bout et qu'ils n'accepteraient pas un seul licenciement.

Enfin, lorsque les manifestants sont rentrés à l'usine, ils ont été accueillis sur les chaînes de production par les applaudissements des travailleurs, contents du joli coup fait à la direction.

Encore une fois la démonstration a été faite que ceux qui se mobilisent marquent des points contre la direction et contribuent à renforcer le moral et la confiance de tout le monde. Tout cela nous donne des armes pour discuter de s'y mettre tous pour faire reculer PSA et le gouvernement.

Correspondant LO