Île de La Réunion : Dix licenciements chez Réuni Blanc...

09 Mai 2012

Chez Réuni Blanc, entreprise de blanchisserie industrielle de l'île de La Réunion située à Saint-Benoît, dix travailleuses et travailleurs ont été convoqués à un entretien préalable à licenciement le lundi 30 avril.

Le patron avance comme explication la perte d'un gros client, l'hôpital de Bois-d'Olive à Saint-Pierre, dont le travail de blanchisserie serait revenu à un concurrent lors d'un récent appel d'offres.

Mais un marché perdu ne peut faire oublier tout ce que l'entreprise a engrangé de profits. Depuis sa création il y a quatorze ans, elle n'a cessé de monter en charge. Pour preuve : son patron a encore recruté plusieurs travailleurs ces derniers mois. Alors, à la question posée par les travailleurs : « Combien d'argent avez-vous engrangé pendant toutes ces années ? », le patron de Réuni Blanc n'a pas apporté de réponse. Il s'est seulement plaint de sa situation, osant affirmer qu'il fonctionnait à perte. Toutes ces jérémiades n'ont convaincu personne, en tout cas pas les travailleurs présents, qui lui ont rappelé qu'il avait ouvert une deuxième société, Inter Linge, où il fait travailler plusieurs dizaines de travailleurs handicapés, en bénéficiant des aides de l'État.

Les travailleurs menacés lui ont également rappelé que ses machines tombaient souvent en panne, faute d'entretien ou parce qu'elles ont besoin d'être changées. Ce n'est donc pas dans l'investissement productif que sont passés les bénéfices, pas plus que dans les salaires qui tournent tous autour du smic. Des salaires de misère avec pourtant des exonérations de cotisations sociales à hauteur de 363 euros pour un smic !

Cette angoisse du chômage, un jeune ouvrier de l'entreprise de 24 ans, visé lui aussi par le licenciement, ne l'a pas supporté. Peu après avoir reçu sa lettre de convocation, il a tenté de mettre fin à ses jours.

C'est dire combien toutes ces politiques patronales peuvent être criminelles.

Correspondant LO