Collectivités territoriales : encore des sacrifices demandés

01 Février 2012

Dimanche 29 janvier Sarkozy, s'en est pris aux collectivités territoriales, les communes, les départements et les régions, en les accusant d'être dépensières.

À l'entendre, « il y a trois facteurs de déficit : l'État, on s'en occupe ; la Sécurité sociale, qui fait des efforts considérables sur la réforme des retraites. Restent les collectivités territoriales. Nous envisageons un certain nombre de mesures. Peut-être même faudra-t-il aller jusqu'à se demander si on ne devrait pas moduler leurs dotations en fonction de leur sagesse en la matière... pour que personne ne puisse s'exonérer d'un effort de discipline. »

Sarkozy ment sans vergogne en accusant les collectivités locales de dépenser sans compter. Depuis des années, l'État leur a transféré de nombreuses responsabilités et charges, comme l'entretien des routes autrefois nationales, le financement du RMI, la construction et l'entretien des collèges et des lycées ainsi que le personnel de service et le personnel technique des lycées, etc., sans parler de la prise en charge des aides sociales, comme l'APA. Alors, il faut mentir comme Sarkozy pour oser dire qu'il n'y a pas eu de « transfert de compétences ». Et si les budgets des collectivités augmentent, c'est entre autres parce qu'elles doivent embaucher, pour justement assumer ces nouvelles tâches et que l'État est loin de leur avoir transféré les fonds correspondants.

Cela n'a pas empêché Baroin, alors ministre du Budget, d'annoncer en septembre 2010 le gel de ces dotations jusqu'en... 2013, à hauteur de 50,4 milliards d'euros. Les communes devront faire avec et se débrouiller comme elles peuvent.

Cette politique est d'autant plus scandaleuse que, crise oblige, les collectivités ont de plus en plus de mal à obtenir des crédits auprès des banques. Depuis la faillite de la banque franco-belge Dexia, spécialisée dans ces prêts aux collectivités, les autres banques se font tirer l'oreille, le marché n'étant pas jugé assez rentable. « On risque l'asphyxie financière », explique le maire de Sevran au journal Le Parisien. La situation est tellement grave que même Baroin envisagerait une aide d'urgence de... l'État, via la Caisse des dépôts.

Alors, quand Sarkozy parle d'un effort de discipline budgétaire aux collectivités, cela revient à leur demander d'imposer des sacrifices encore plus grands à leurs habitants. Mais cette discipline, il n'est pas question de la demander au patronat, pour qui les dotations de l'État sont sans limites et celles-là, il n'est pas question de les geler, bien au contraire !

Cédric DUVAL