Loyers et APL : aides insuffisantes, salaires aussi

28 Septembre 2022

À l’occasion du congrès des organismes HLM prévu du 27 au 29 septembre, un rapport de l’Union sociale pour l’habitat, qui regroupe tous ces organismes, souligne la chute des aides au logement.

Alors que les loyers et les charges locatives n’ont cessé d’augmenter, dans le privé comme dans le public, l’APL, l’aide personnalisée au logement, qui concerne 13 millions de personnes, a diminué. Non seulement, il y a cinq ans, le gouvernement l’a baissée de cinq euros pour tous, mais le mode de calcul en a été modifié. Par ailleurs, l’APL étant calculée en fonction des revenus du demandeur et du montant de son loyer, le plafond du loyer pris en compte a été désindexé. De ce fait, aujourd’hui 60 % des locataires en HLM ont un loyer qui se retrouve au-dessus de ce loyer plafond et dans le secteur du logement privé ils sont 92 %. Enfin, le seuil d’exclusion de l’APL, c’est-à-dire le salaire à partir duquel on n’a plus droit à cette aide, n’a pas du tout évolué avec l’inflation. Il se retrouve désormais en dessous du smic. Suivant les régions, il est de 1 150 à 1 270 euros par mois.

Les organismes HLM dénoncent la baisse de cette aide de l’État qui représente une part de leur financement, et lui demandent de la réévaluer car ils voient qu’avec la paupérisation croissante leurs locataires ne pourront plus payer. Mais si les travailleurs ne peuvent plus payer leur loyer, c’est d’abord parce que les salaires sont beaucoup trop bas et que beaucoup vivent régulièrement des périodes de chômage.

Ces aides au logement sont vitales pour ne pas se retrouver à la rue, mais elles permettent aussi au grand patronat de comprimer les salaires et de licencier en laissant à l’État la responsabilité de gérer les dégâts. Au moment où ce même grand patronat réclame toujours plus de subventions pour maintenir et même accroître ses profits, l’État serre les cordons de la bourse pour les locataires.

Pierre ROYAN