Retraites : hold-up en préparation

14 Septembre 2022

à l’occasion d’une rencontre avec une centaine de journalistes à Nanterre, le 12 septembre, Macron a déclaré vouloir mettre en œuvre de manière urgente, dès 2023, la réforme des retraites. C’est une réforme « qui ne fait plaisir à personne » a-t-il déclaré, mais il faudrait selon lui se préparer « à un moment douloureux ».

Après le discours sur la « fin de l’abondance » et les efforts nécessaires face à la crise énergétique, le voici de nouveau dans une tentative de préparation des esprits (des travailleurs) aux sacrifices.

Le scénario est bien rodé. Cela commence (presque) toujours par un rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR). Une fois de plus il vient à point nommé. Ne pouvant mettre en avant le déficit du système de retraite, celui-ci étant redevenu excédentaire en 2021 avec un solde positif de 900 millions d’euros, le COR affirme tout bonnement que cela est provisoire. Les déficits devraient selon lui réapparaître, de façon durable, à partir de 2023, et dans le cas de figure le plus favorable, le système ne reviendrait à l’équilibre qu’au milieu des années 2030.

Ces prédictions très orientées ont à peu près autant de fondements que celles de Madame Soleil. Elles pourraient prêter à rire si elles ne servaient pas à justifier les futures attaques contre les retraites des salariés : report de l’âge légal de départ à 64 ans, voire plus, durcissement de la loi de janvier 2014 – dite loi Touraine –, qui définit la durée de cotisation requise pour toucher une pension à taux plein, entre autres.

Macron prétend que cette réforme des retraites servirait à dégager des marges budgétaires pour l’école et la santé ! Qui peut croire un tel mensonge ? Une chose est certaine, quelle que soit la forme choisie, elle aboutira à ce que les travailleurs à la retraite s’appauvrissent encore davantage.

La réforme des retraites est une des nombreuses armes utilisées par la bourgeoisie dans la guerre qu’elle mène contre la classe ouvrière, guerre qui s’intensifie avec l’aggravation de la crise. Les travailleurs doivent se préparer à se défendre. Et, que le gouvernement fasse passer cette réforme en force au moyen du 49-3, comme Macron a menacé de le faire, ou qu’elle soit discutée à l’Assemblée, c’est avec leurs propres armes de classe qu’ils devront le faire.

Aline RETESSE