La journée du 29 septembre : les enjeux pour les travailleurs

14 Septembre 2022

Le monde du travail est confronté à la hausse des prix, à des salaires et pensions bloqués, ou aux augmentations bien insuffisantes, aux attaques contre les chômeurs, contre les retraites…

Le patronat est bien décidé à garantir par tous les moyens ses profits aux dépens des travailleurs et des classes populaires.

Face à cette situation, les confédérations CGT et Solidaires ont, dès juillet, appelé à une journée d’action interprofessionnelle prévue le 29 septembre, pour la défense du pouvoir d’achat. La CFDT et FO ont d’entrée annoncé qu’elles ne se joindraient pas à cette journée.

Mais, le 8 septembre, La CGT, Solidaires et FSU ont appelé une nouvelle fois à la journée du 29 septembre.

Ce qui est remarquable dans ce dernier appel est sa modération et d’autre part l’absence totale de référence au patronat, aux capitalistes. Comme si l’annonce de l’explosion des dividendes distribués, et les profits record des banques et de tous les grands groupes n’avaient aucun rapport avec la détérioration des conditions de vie des classes populaires. Cet appel demande une revalorisation d’au moins 10 % des salaires, qui apparaît surtout concerner la fonction publique, se poursuit en demandant la taxation des superprofits en référence à la crise énergétique, et en condamnant la politique fiscale du gouvernement. Le refus de mettre en cause le patronat n’est certainement pas un oubli, mais il épargne ainsi les véritables donneurs d’ordres de l’offensive contre les travailleurs. Enfin on se demande quelle est la détermination de la principale centrale syndicale, la CGT, pour la réussite de cette journée, même avec ces objectifs limités et pourquoi, par exemple, la santé est appelée à se mobiliser, seule, le 22 septembre. Il y a pourtant pour tous les travailleurs la nécessité vitale de se retrouver tous ensemble, car leurs intérêts sont intimement liés. Le 10 septembre encore, le site de la CGT ne contenait aucun appel à cette journée.

Les travailleurs, les militants conscients ne peuvent pourtant rester spectateurs face à cet appel, aussi limité soit-il. Même si pour le moment la classe ouvrière ne se sent pas la force d’engager le combat nécessaire, elle est ouverte au débat, et souvent bien consciente de l’offensive en cours, voyant ses conditions de travail se détériorer et l’arrogance patronale se développer. Alors, cela doit être l’occasion de s’adresser à l’ensemble des travailleurs, pour insister sur la nécessité absolue de se défendre face à un système fou qui entraîne la société vers le désastre.

Les idées doivent être incarnées par des femmes et des hommes en qui les travailleurs puissent avoir confiance demain pour engager la lutte. Lorsque les travailleurs le feront, ils ne donneront pas de préavis, mais ils devront pouvoir se souvenir de ceux qui, même dans les périodes difficiles, ont mis en avant des perspectives de lutte.

Paul SOREL