Afghanistan : la situation empire

14 Septembre 2022

Suite aux mobilisations d’étudiantes du début septembre dans la province de Paktia, dans l’est de l’Afghanistan, cinq écoles secondaires pour filles dont quatre de la ville de Gardez, la capitale provinciale, avaient repris les cours.

Mais, le 10 septembre, le pouvoir taliban les a fait fermer de nouveau, provoquant la colère des élèves.

Quand elles ont commen­cé à protester, elles ont été rapidement dispersées par la police talibane. Malgré celle-ci, des femmes continuent ainsi courageusement à manifester contre la fermeture des écoles secondaires pour filles dans la plupart des provinces et l’interdiction qui leur est faite d’accéder à de nombreux emplois, sans parler des injonctions du pouvoir de se couvrir entièrement en public avec une burqa. Trois millions de filles seraient ainsi interdites d’accès à l’enseignement secondaire. C’est dans les campagnes qu’elles sont les plus nombreuses à être privées d’école, et depuis bien longtemps, ne serait-ce que du fait de la situation économique.

En effet, un peu plus d’un an après le départ de l’armée américaine et la prise du pouvoir des talibans à Kaboul, la situation s’est encore aggravée. Les sanctions prises par les pays impérialistes ont comme toujours frappé surtout la population. La suspension de la plupart des financements d’aide au développement, par exemple, a touché la grande majorité des services sociaux. L’aide internationale, qui s’élevait à plus de 8 milliards de dollars par an, soit l’équivalent de 40 % du PIB du pays, ne parvenant plus, l’économie afghane s’est contractée de 20 % à 30 %. La majeure partie de la population – jusqu’à 70 %, selon une enquête de la Banque mondiale – est aujourd’hui incapable de se procurer de la nourriture et d’autres produits de première nécessité. À cela se sont ajoutées en août dernier des pluies diluviennes qui se sont abattues au sud de Kaboul, dévastant maisons, cultures et bétail.

L’ONU émet régulièrement quelques déclarations contre la privation des droits des femmes par exemple. Mais, en fait, les dirigeants des pays impérialistes occidentaux choisissent de laisser se détériorer une situation qui est la conséquence de vingt années d’une guerre dévastatrice menée par les États-Unis et leurs alliés. Ceux-ci s’accommodent pour l’instant du pouvoir des talibans, qui furent d’ailleurs leurs amis de 1996 à 2001 avant de devenir leurs ennemis à abattre. Au fond, tant que l’ordre règne, peu importe que la population afghane meure de faim et soit privée de toute liberté.

Aline RETESSE