Mort du chef d’al-Qaida : le shérif Biden règle ses comptes

03 Août 2022

Ayman al-Zawahiri, chef d’al-Qaida depuis la mort d’Oussama Ben Laden en 2011, a été tué le 30 juillet à Kaboul en Afghanistan. Des tirs de missile l’ont atteint dans le cadre d’une attaque menée par la CIA au moyen de drones.

Le président américain, Joe Biden, s’est empressé de se féliciter de cet assassinat, comme l’avait fait Obama lors de la mort de Ben Laden, et Trump après celle d’al-Baghdadi, le dirigeant de l’organisation État islamique. Au plus bas dans les sondages, Biden espère sans doute que la mort d’un haut responsable djihadiste lui permettra de redorer son blason, et celui de son parti démocrate, ternis par la débandade que fut le départ d’Afghanistan de l’armée américaine.

« Nous le disons clairement encore une fois ce soir : peu importe le temps que cela prendra, peu importe où vous vous cachez, si vous êtes une menace pour notre peuple, les États-Unis vous trouveront et vous élimineront », a-t-il ajouté, en représentant d’un impérialisme qui agit partout sur la planète en gendarme à la gâchette facile.

Comme Ben Laden, al-Zawahiri était un assassin dont il n’y a évidemment pas lieu de pleurer la mort. Les attentats de 2001 dont Al Qaida s’était revendiquée ont provoqué celle de près de 3 000 employés du World Trade Center, qui n’étaient en rien responsables de la politique de l’impérialisme américain. Mais Biden omet sciemment de rappeler les origines d’al-Qaida. Cette organisation terroriste fut utilisée par les services secrets américains dans les années 1980, dans la sale guerre menée en Afghanistan. Ben Laden et ceux dont il s’était entouré furent alors financés et équipés pour mener la guerre contre l’Union soviétique, qui tentait de garder son pré carré afghan, et pour l’affaiblir par la même occasion.

Les puissances impérialistes, et en premier lieu l’impérialisme américain, sont coutumières de ces manœuvres, et agissent en menant perpétuellement des guerres. Elles l’ont fait en Afghanistan, continuant d’intervenir après le départ de l’armée soviétique. Elles l’ont fait en Irak, où l’impérialisme américain n’hésita pas à déclencher une guerre en 2003. Celle-ci fut suivie par des années d’occupation, provoquant des milliers de morts, la destruction de tout un pays… et la naissance de nouveaux monstres tels que l’organisation État islamique.

C’est à ce prix, payé chèrement par les populations, que l’impérialisme impose sa domination et continue ainsi à piller la planète.

Aline RETESSE