SNCF : en lutte pour les salaires !06/07/20222022Journal/medias/journalnumero/images/2022/07/2814.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

SNCF : en lutte pour les salaires !

Les syndicats de la SNCF appelaient mercredi 6 juillet les cheminots à une grève nationale pour appuyer leurs revendications salariales lors d’une table ronde organisée ce même jour par la direction de la SNCF.

La veille, cette journée s’annonçait, avec des variations locales, comme un succès. La SNCF annonçait elle-même une circulation très amputée ce jour-là : en région parisienne, seul un train sur deux était prévu sur huit lignes de RER, et un seul train sur trois sur les lignes H et P. Sur les TER, deux trains sur cinq étaient prévus en moyenne et seulement un Intercités sur trois. Certaines lignes TER ou Intercités ne disposaient d’aucun train. À Nantes, sur 507 TER, 140 devaient circuler. Même la circulation des TGV, priorité de la direction, était perturbée, 20 à 33 % des TGV étant supprimés.

Si la grève s’annonçait forte, c’est tout d’abord en raison du blocage des salaires. En effet, la valeur du point est gelée à la SNCF depuis 2014 alors que les prix flambent. Le saupoudrage de primes diverses ne fait plus le compte et beaucoup disent qu’il faut de véritables augmentations de salaires. À cela s’ajoute, dans de nombreux secteurs, une nette dégradation des conditions de travail et des roulements en raison du manque d’effectifs et de matériel.

Dans les semaines et les jours qui ont précédé cette grève, de nombreux mouvements locaux ont d’ailleurs éclaté, avec ou sans préavis, comme chez les conducteurs de la région de Paris Saint-Lazare ou de Paris-Nord, montrant que le mécontentement était partagé. Des débrayages sur les salaires ont aussi été massivement suivis aux ateliers de maintenance TGV du Landy. La grève s’y annonçait très forte le 6. Un cheminot disait : « Le 6, il faut qu’on tape dur ! ». Il en allait de même par exemple aux ateliers du dépôt de Rennes. Le tram-train dans l’ouest de Lyon s’annonçait totalement à l’arrêt, 100 % des conducteurs, souvent très jeunes, s’étant déclarés grévistes.

En revanche, à l’approche du 6, d’autres secteurs restaient plus attentistes, comme dans certains technicentres de maintenance où il fallait convaincre pour entraîner dans la grève.

La préparation à cette journée par les militants syndicaux a été variable suivant les secteurs. Mais il est notable que, par exemple, à la manifestation contre l’ouverture à la concurrence rassemblant à Lyon le 29 juin 2 500 cheminots CGT de tout le pays, avec prise de parole de leur secrétaire fédéral, Laurent Brun, pas un tract mentionnant la journée du 6 juillet n’a été distribué.

En règle générale, aucune manifestation ou rassemblement régional n’était organisé par les dirigeants syndicaux le 6 juillet, ni même parfois d’assemblée, suscitant la surprise de certains cheminots, comme au Landy. Et dans les médias et les tracts, les dirigeants syndicaux, tant de Sud-Rail que de la CGT ou la CFDT, prenaient bien soin de préciser qu’il s’agissait d’une grève « carrée » pour appuyer les négociations et ne souhaitaient visiblement pas que les cheminots puissent décider eux-mêmes de la suite à donner, pas plus que de leurs revendications. Laurent Brun déclarait la veille du 6 : « Pour l’instant, on ne présage pas de l’échec des négociations. (…) On reprogrammera des suites à la rentrée, si les réponses ne sont pas à la hauteur de ce qu’on attend. »

En tout cas, les directions syndicales, tout en étant à l’origine de cette première riposte, ne tenaient manifestement pas à laisser les grévistes décider eux-mêmes de cette suite, quelle qu’elle soit, ni de juger par eux-mêmes des résultats des négociations.

Malgré ces limites, le succès du 6 juillet dans de nombreux secteurs ne peut qu’aller dans le sens de préparer la mobilisation générale indispensable du monde du travail pour imposer de réelles augmentations générales de salaires et leur indexation sur les prix.

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