Carburants : les promesses floues de Le Maire

06 Juillet 2022

Même si les prix des carburants ont très légèrement baissé début juillet, ils restent très élevés, au-delà des 2 euros le litre, et grèvent le budget des travailleurs obligés de prendre leur véhicule pour aller travailler.

Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, s’en est ému et, lundi 4 juillet, il a proposé qu’une nouvelle indemnisation soit instaurée pour les gens qui, « salariés, alternants, jeunes, disent ne plus avoir les moyens d’aller travailler ». Cette aide serait modulée en fonction des revenus, y compris pour les gros rouleurs, ceux qui font plus de 12 000 kilomètres par an, qui bénéficieraient alors d’un bonus par rapport aux autres catégories.

Le Maire est évidemment conscient du mécontentement des automobilistes face au prix des carburants, en hausse presque constante. En revanche, les belles paroles et les promesses fumeuses ne coûtent rien au ministre, qui pour l’instant n’a fixé ni le montant de l’indemnisation ni le plafond de ressources à ne pas dépasser pour la toucher.

Il est en outre significatif que seul le trajet domicile-travail serait partiellement indemnisé. Les automobilistes obligés de faire des kilomètres pour se rendre au supermarché ou chez un médecin, surtout dans les provinces qui se vident de tout service, ne toucheront rien. Sans parler de ceux qui, malgré le prix de l’essence, aimeraient quand même bien prendre des vacances…

Pendant ce temps-là, Total a fait 16 milliards de dollars de bénéfices en 2021, BP « seulement » 7,6 milliards, pour ne citer que deux des géants du pétrole. Mais, à ceux-là, l’État n’impose rien, et c’est une fois de plus l’argent public qui financera cette aumône qui, n’en doutons pas, ne sera pas réévaluée en fonction des hausses de prix.

Marianne LAMIRAL