Borne 2 : “gouvernement d’action”… contre les travailleurs

06 Juillet 2022

Plus de deux semaines après les élections législatives, Macron a confirmé Élisabeth Borne dans son poste de Première ministre, mais le reste a eu bien du mal à suivre.

La coalition, évoquée un temps, ne s’est pas constituée, faute sans doute de candidats acceptant de partager l’inévitable impopularité, alors que certains visent la prochaine élection présidentielle. Le gouvernement Borne 2 n’est donc qu’une pâle copie du gouvernement Borne 1, les priorités affichées à grand bruit restant à l’état d’annonces.

Côté transition climatique et écologie, la nomination de Christophe Béchu n’inquiétera aucun pollueur. Outre son vote en tant que sénateur LR contre l’interdiction des néonicotinoïdes, ces insecticides dangereux pour les abeilles, l’ex-maire d’Angers se retrouve flanqué d’une secrétaire d’État du même tonneau, ayant par exemple refusé des propositions de lois visant à renforcer le réseau ferré. En revanche, Béchu accentue l’image réactionnaire du gouvernement, en tant qu’opposant notoire au mariage pour tous, et présente en outre l’avantage d’être un très proche de l’ex-Premier ministre Édouard Philippe.

Quant à la parité femmes-hommes dont se félicite la nouvelle équipe, elle ne peut guère faire illusion. Aux postes décisifs, neuf hommes ont été nommés contre seulement cinq femmes, alors que la proportion s’inverse lourdement dans les secrétariats d’État.

Aux ministères-clés, l’Économie, l’Intérieur, on reprend les mêmes et on recommence. Le Maire et Darmanin fourbissent déjà, l’un ses attaques contre les travailleurs, l’autre les matraques de ses voltigeurs contre les manifestants qui ne manqueront pas de descendre dans la rue.

Viviane LAFONT