Paprec : un grand patron mis en examen

22 Juin 2022

PDG et propriétaire de Paprec, Jean-Luc Petithuguenin vient d’être mis en examen pour « corruption », « favoritisme » et « entente illicite ».

Sous contrôle judiciaire, il lui est interdit de diriger ce groupe de recyclage et de traitement de déchets, comptant 12 500 salariés.

La justice reproche à ce patron d’avoir subventionné le concours hippique de la femme du maire de Compiègne, Philippe Marini. Cet élu LR, lui-même récemment placé en garde-à-vue, est aussi président d’un organisme ayant attribué un marché de 70 millions d’euros à Paprec pour la construction d’un centre de tri dans l’Oise.

Paprec, entreprise à plus de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, a eu parmi ses cadres le fils d’un ancien président du conseil général de l’Essonne, lui-même condamné pour détournement d’argent public et emplois fictifs. Celui-ci était aussi le responsable d’un des plus grands organismes publics de traitement des ordures ménagères ayant précisément attribué des marchés à Paprec. Dans les deux cas le patron se défausse sur le directeur local de son entreprise et prend soin de préciser que ses concurrents, Suez et Veolia, avaient eux-mêmes embauché auparavant ce puissant fils d’élu.

La proximité entre les responsables politiques ayant la main sur l’argent public et ceux de certaines entreprises est évidemment un fait courant, surtout concernant le secteur du recyclage, du traitement des ordures ou de la fourniture d’eau. Elle peut aussi donner lieu à des échanges de bons procédés entre responsables. Le tout étant de connaître le métier, bien sûr. C’est d’ailleurs à la Compagnie générale des eaux, ancêtre de Veolia, qui a changé plusieurs fois de nom pour tâcher de faire oublier d’anciennes affaires de corruption d’élus, que Petithuguenin a commencé sa carrière et en a appris les ficelles.

Indigné d’être traîné en justice pour un comportement si largement répandu, Petithuguenin s’exclame qu’alors « il faut incarcérer tous les grands patrons de France au plus vite ». Chiche !

Lucien DÉTROIT