Groupe Carrefour : la location-gérance et ses conséquences

15 Juin 2022

Au 1er juin, 43 magasins Carrefour, dont 16 hypermarchés, sont passés en location-gérance. Ils viennent s’ajouter aux 77 hypermarchés et aux centaines de magasins Carrefour Market déjà concernés.

Au total, près d’un cinquième du personnel serait déjà passé en location-­gérance, soit plus de 20 000 salariés.

La location-gérance consiste à confier à un gérant, souvent un directeur de magasin déjà en poste qui crée alors sa propre société, le droit d’exploiter le fonds de commerce. Cela permet au groupe Carrefour de lui déléguer les frais de gestion des magasins et de ne plus avoir à payer les salaires. Il encaisse alors redevance et loyers et réalise une marge de commerçant grossiste sur chaque magasin.

En réalité, depuis 2017 où la location-gérance a été mise en place, c’est par des licenciements, des sanctions et une pression accrue sur les salariés du groupe que les profits ont pu être réalisés. La perte de rémunération peut être de l’ordre de 2 000 euros par an pour chaque salarié, du fait de la perte du statut Carrefour et de la convention d’entreprise. En outre les nouveaux gérants n’ont pas tardé à prendre des sanctions à l’encontre des salariés les plus anciens et à plein temps, qui sont aussi les moins mal payés. La précarité déjà présente s’est généralisée et la pression s’est accrue.

Or, le sous-effectif était déjà chronique dans tous les magasins, avant même la location-gérance. Des projets dit de rationalisation, comme TOP ou EOS, qui ont pour objet de réduire le personnel et d’imposer à ceux qui restent des conditions encore pires, sont généralisés dans les hypermarchés. Autant dire que la mise en location-gérance constitue une attaque de grande ampleur supplémentaire. Elle accentue encore celles que subissent les salariés des magasins.

La riposte devra venir des salariés de l’ensemble des magasins, qu’ils soient touchés par la location-­gérance, ou non.

Correspondant LO