Face à l’inflation : augmenter les salaires et les pensions

15 Juin 2022

Le week-end du 12 juin, un peu partout dans le pays, le carburant était repassé au-dessus des deux euros le litre. Quant à la hausse des prix globale calculée par l’administration, elle serait de plus de 5 % sur un an.

Ces chiffres ne disent encore pas grand-chose en eux-mêmes. Il faut calculer l’effet du prix du carburant pour un ouvrier qui a une heure de route chaque matin et chaque soir, pour un travailleur qui doit aller de domicile en domicile sans que son indemnité kilométrique, quand elle existe, ait augmenté, pour un père de famille à qui on propose deux jours au smic dans une usine à cinquante kilomètres de son domicile sous peine de perdre ses droits au chômage. De même, la hausse des prix n’est qu’une moyenne et frappe bien plus durement les familles populaires, d’une part à cause de la modicité de leur budget, d’autre part parce que les produits de consommation courante augmentent plus que les autres.

Dans ces conditions, heureusement, des travailleurs protestent, débrayent, voire se mettent en grève en revendiquant l’ augmentation des salaires.

Face à des patrons qui tenteront toujours d’enfermer les travailleurs dans le particularisme de l’entreprise et de ses problèmes, supposés et invérifiables, il faudrait aujourd’hui imposer l’augmentation générale des salaires, des pensions et des allocations, avec un minimum de 2 000 euros pour tous.

Les défenseurs du patronat, bénévoles ou stipendiés, prennent toujours pour argument le petit artisan qui ne pourrait pas payer ses compagnons à ce prix-là. Peut-être, mais les grandes entreprises le peuvent largement ! Ce sont elles et l’État qu’il faut faire céder, et le reste suivra. Les grands mouvements, comme juin 1936 et mai 1968, ont arraché des augmentations générales et conséquentes sans pousser les artisans à la faillite, mais en obligeant le grand capital à ouvrir les cordons de la bourse.

Outre augmenter les salaires et pensions, il faut les garantir contre l’inflation car, à n’en pas douter, elle va continuer. Pour cela ils doivent être indexés sur les prix, quel qu’en soit le coût pour le patronat.

Imposer ces exigences est la seule façon de protéger le monde du travail contre les aléas de l’économie capitaliste. En même temps, en se retrouvant autour de ces revendications, en faisant valoir l’intérêt commun de tous les opprimés, ceux-ci peuvent devenir une classe consciente de tout ce qu’elle représente face aux possédants et à leur État.

C’est bien pourquoi, pour évidentes qu’elles soient, ces revendications ne sont inscrites que sur le drapeau de révolutionnaires dont le programme est le renversement de l’ordre social.

Paul GALOIS