Taxe foncière : la flambée

20 Avril 2022

De nombreuses municipalités sont en train de voter le montant de la taxe foncière payable à l’automne prochain. Celle-ci va augmenter partout et même flamber dans de nombreux endroits.

Cette taxe n’est pas acquittée par les locataires mais par les propriétaires de biens immobiliers. Mais parmi les 58 % de propriétaires de leur logement que compte le pays, bon nombre sont des travailleurs, des chômeurs ou des retraités dont les revenus ne progressent pas. Ils subissent une hausse qui peut dépasser la centaine d’euros.

Le calcul de cette taxe est défini par une valeur locative et un taux. Or le gouvernement a tout d’abord fixé à 3,4 % la hausse annuelle des bases locatives cadastrales. Même à taux inchangé, le montant de la taxe foncière augmentera donc au moins de ce pourcentage. De plus, de nombreuses communes en augmentent le taux cette année. Cette hausse est par exemple de 14 % à Marseille, de 11,5 % à Foirac en Gironde, et parfois de 30 % comme à Bernay dans l’Eure. Des villes ouvrières comme Montreuil, en banlieue parisienne, sont aussi touchées.

La hausse de la taxe foncière est spectaculaire. Depuis 2010 elle a été de 27,9 %. D’autres taxes, comme celle sur les ordures ménagères ou la taxe d’équipement, viennent aussi amputer les ressources des habitants. La suppression de la taxe d’habitation, mise en œuvre par le gouvernement Macron jusqu’en 2023, est en principe compensée aux communes, sur la base de 2017, mais celles-ci voient leurs dépenses augmenter. De même, la taxe professionnelle a été supprimée en 2010. De nombreuses collectivités locales font donc le choix d’augmenter les taxes qui restent à leur disposition. D’autres sont contraintes de rogner sur les dépenses de fonctionnement ou d’investissement, de brader le service rendu au public et de réduire les effectifs.

À côté de cela, la bourgeoisie a vu depuis vingt ans sa fortune exploser. Mobilière comme immobilière, celle-ci échappe largement aux impôts et aux taxes.

Il est au contraire vital de faire payer le capital et de protéger le monde du travail, en commençant par imposer l’indexation des salaires, des allocations et des retraites sur le coût réel de la vie, taxes comprises.

Christian BERNAC