Darmanin : amour aveugle pour la police

20 Octobre 2021

Pour soigner son image d’homme à poigne, flatter les électeurs de droite et d’extrême droite et caresser les policiers dans le sens du poil, le ministre de l’Intérieur Darmanin fait feu de tout bois.

Le 12 octobre, il a envoyé une lettre à la maire PS de Cachan, pour lui demander des comptes sur les propos tenus en conseil municipal par un de ses adjoints (LFI) le 30 septembre, après qu’un élu LR avait réclamé l’équipement de la police municipale en armes létales. L’adjoint avait répondu : « Je croyais que le but de la police était de protéger la population, et pas nécessairement de posséder des armes pour la tuer. » Il n’en a pas fallu davantage pour que Darmanin parle de « propos inacceptables » !

De même, le 14 octobre, sur twitter, le ministre a annoncé qu’il portait plainte contre Philippe Poutou, candidat du NPA à l’élection présidentielle. La cause ? La veille, interrogé par France info sur l’affaire de Cachan, celui-ci avait déclaré : « La police tue. Évidemment la police tue. Steve à Nantes, une dame qui fermait ses volets à Marseille lors d’une manifestation de gilets jaunes, Rémi Fraisse il y a quelques années… » Là encore, Darmanin a sauté sur l’occasion pour s’offusquer bruyam­ment, parlant de propos « insultants et indignes ». Il a été largement relayé par des journalistes de chaînes d’information qui se sont empressés de titrer sur « la haine antiflics », ne se gênant ni pour aboyer sur Poutou, ni pour déformer ses propos.

Il n’a pourtant fait que rappeler une réalité. À la liste des personnes mortes entre les mains des policiers, on peut ajouter ­Adama ­Traoré, mort en juillet 2016 dans la cour de la gendarmerie de Persan, dans le Val-d’Oise, ou ­Cédric ­Chouviat, chauffeur-livreur mort en janvier 2020 lors d’un contrôle routier en plein Paris, ou encore Théo Luhaka, gravement mutilé en février 2017 à Aulnay-sous-Bois, toujours vivant mais définitivement handicapé et mort socialement, comme il le dit lui-même.

Ce qui est indigne, et insultant pour toutes les victimes de violences policières, c’est de nier cette ­réalité et de vouloir faire taire ceux qui la dénoncent.

Julie LEMÉE