PIB : croissance du pipeau

02 Juin 2021

En répétant sur toutes les ondes que « la reprise a déjà commencé », Brune Le Maire espère que ses déclarations, exprimées sur un ton assuré, deviendront réalité. C’est la bonne vieille méthode Coué.

Fin mai, on apprenait que, contrairement aux projections du ministère de l’Économie qui l’estimait en hausse de 0,4 %, le PIB avait reculé de 0,1 % au premier trimestre en France. Qu’à cela ne tienne, Le Maire a immédiatement assuré que « les indicateurs sont tous bien orientés » et que « notre ambition est d’avoir 5 % de croissance en 2021, soit le taux le plus élevé depuis un demi-siècle en France ».

En fait, depuis 2012, la France n’a dépassé les 2 % de croissance annuelle qu’une seule fois, en 2017. Alors, 5 % de croissance paraîtrait un exploit. Mais, même si cette prévision se matérialisait en 2021, cela ne rattraperait pas la baisse de 7,9 % du PIB français en 2020. D’ailleurs, en mars 2021, le niveau d’activité économique était inférieur de 4,7 % à celui de fin 2019.

De plus, le PIB ne reflète que très imparfaitement la production de richesses. Alors qu’il avait augmenté au total de 11 % en France entre 2015 et 2019, la production industrielle avait, elle, baissé de 12 %, avant même l’aggravation subite de 2020. Depuis, la chute a continué : en mars 2021, la production était inférieure de 18 % à celle de 2015.

Quant à la part des richesses produites qui échoit à la classe des travailleurs, elle se réduit sous la pression que les capitalistes exercent en permanence pour s’arroger la part du lion. La seule croissance apparaissant comme certaine est celle du chômage : en douze ans, le nombre de travailleurs touchés par ce fléau à presque doublé.

Lucien DÉTROIT