Mort d’un policier : récupération politique

11 Mai 2021

Le 5 mai, à Avignon, un policier a été froidement assassiné par un trafiquant de drogue lors d’une intervention comme il y en a tous les jours.

Ces circonstances banales, l’idée que cela pourrait arriver à chacun d’entre eux, ont soulevé l’émotion des policiers, mais d’autres s’en sont servi.

Les politiciens de droite, d’extrême droite et du gouvernement se sont jetés sur l’occasion pour exiger ou promettre une répression féroce. Le président LR de la région Paca, Renaud Muselier, a exigé la perpétuité incompressible pour les tueurs de policiers. Son collègue Damien Abad, chef des députés LR, a demandé le réarmement pénal, et le dirigeant de Debout la France, Dupont-Aignan, prône la guerre totale aux voyous. Macron, son Premier ministre et son ministre de l’Intérieur y sont allés de leurs commentaires habituels, salut aux policiers, promesse de justice implacable, décoration posthume… Les médias ont diffusé des images de la manifestation des policiers, et les plus racoleurs ont multiplié les émissions sur ces quartiers où les dealers font la loi.

Devant cet assassinat, devant la réalité du trafic et de la consommation de drogue envahissant et pourrissant la vie des quartiers populaires, le chœur politicien entonne une fois de plus l’air de la répression.

Davantage de police, de prisons, de matraques et pourquoi pas de bavures, devrait donc, disent-ils, résoudre ces problèmes. Mais il n’en sera rien.

L’emprise que les trafiquants parviennent à exercer sur certains lieux, la brutalité croissante dont ils font preuve dans leurs guerres, comme envers la population et contre la police, sont une manifestation de la décomposition générale de la société. Les exigences répressives des syndicats de police, la façon dont les ministres vont au-devant d’eux en sont une autre. Elles démontrent l’emprise croissante de l’extrême droite dans les corps de répression et le fait que les politiciens, y compris à gauche, cèdent devant elle.

Devant la misère croissante et toutes ses conséquences, l’État propose de taper plus fort sur tout ce qui bouge. Cela aussi fait partie d’un pourrissement général, dont certains politiciens font leur miel.

Paul GALOIS