Renault Trucks : des économies sur le dos des intérimaires

17 Mars 2021

À Renault Trucks, à cause de ruptures d’approvisionnement dues entre autres à un manque de microprocesseurs, des jours de chômage ont été programmés en février et en mars. La direction prévoit déjà des jours de chômage jusqu’au mois de juin.

Suite à un accord signé lors du premier confinement, les travailleurs concernés doivent être indemnisés à 92 % de leur salaire net. Jusque-là, la direction affirmait qu’il en serait de même pour les intérimaires ayant un contrat en cours.

Or, quelques jours avant le chômage programmé, des intérimaires dont le contrat devait être renouvelé apprenaient qu’il ne le serait pas. On leur annonçait qu’ils n’auraient pas de contrat pendant toute la période de chômage mais qu’ils seraient repris ensuite. Résultat : à la place des 92 % du salaire comme pour le personnel embauché, ils ne touchent plus rien.

C’est ce qui s’est passé assez massivement à l’usine de Bourg-en-Bresse, là où la direction jongle tout au long de l’année avec des contrats courts, alternant les contrats pour surcroît d’activité et ceux pour remplacement d’absent. La même situation s’est renouvelée, dans une moindre proportion parce que les contrats d’intérim sont plus longs, à l’usine Ponts et Essieux à Saint-Priest et à l’usine Moteurs à Vénissieux. À Bourg-en-Bresse, les intérimaires étaient en colère en apprenant cette entourloupe. Certains parlaient de débrayer et, jeudi 4 mars, une centaine d’entre eux se sont réunis pendant la pause casse-croûte avec des délégués CGT.

Face au mécontentement, la direction tente de reporter la responsabilité sur l’État : la loi interdit en effet de renouveler des contrats d’intérim après que du chômage a été annoncé. C’est un sacré cynisme de la part d’une entreprise dont les services RH passent leur temps à calculer les débuts et les fins de contrat pour économiser au maximum sur les salaires, et qui use et abuse des travailleurs précaires.

Le seul responsable de cette situation est la direction de Renault ­Trucks qui, depuis des années, refuse d’embaucher massivement les centaines d’intérimaires présents en permanence dans les usines et indispensables à la production. Contrat ou pas, les intérimaires ne doivent rien perdre à cause de cette période de chômage.

Correspondant LO