Police : bavures en série

12 Août 2020

Deux bavures, parmi bien d’autres, illustrent la difficulté pour les victimes de mettre en cause des policiers auteurs de violences.

Dans la nuit du 13 au 14 juillet, excité par la répression d’échauffourées avec des jeunes à Bonneuil-sur-Marne, en région parisienne, un policier a violemment agressé dans un hall d’immeuble un jeune de 18 ans qui se rendait chez un ami.

Ce policier lui a cassé le bras d’un coup de matraque, avant de lui menotter les mains dans le dos sans égard pour sa blessure. Amené au commissariat avant d’être conduit à l’hôpital, le jeune a dû aussi se faire recoudre l’arcade sourcilière, en plus d’hématomes divers. À l’issue de cette rencontre nocturne avec la police, il s’est vu prescrire 90 jours d’interruption temporaire de travail. Suivant une tactique policière habituelle pour se couvrir en cas de bavure, le policier a porté plainte contre le jeune homme pour « violences et rébellion »…

Une mésaventure similaire est arrivée il y a un an à une parisienne de 43 ans. Elle avait appelé la police pour secourir une femme agressée et avait aidé sans attendre la victime qui se faisait rouer de coups par trois individus. Mais quand la BAC est arrivée, c’est cette témoin qui a été étranglée par un policier et a dû se défendre.

C’est aussi elle qui a été traînée au tribunal pour « violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Elle a finalement été relaxée il y a deux mois, une vidéo mettant en évidence les mensonges des policiers. Quant à ses plaintes contre les policiers pour faux témoignage, elles ont été classées sans suite par deux fois.

Ces deux victimes, en butte à une justice qui se refuse à poursuivre des policiers violents, ont fait connaître leur affaire dans la presse. Et c’est aussi en rendant l’affaire publique et en mobilisant le plus largement possible que la famille d’Adama Traoré a pu faire avancer son combat pour la vérité sur sa mort.

Dans leurs discours publics, les gouvernants regrettent le manque de confiance de la population dans la police. Mais, en réalité, tout leur système, de la hiérarchie policière à la justice en passant par le gouvernement, s’efforce de protéger la police, pas la population.

Lucien DÉTROIT