Arnaque sur les pauses au nom de la santé !

19 Mai 2020

Depuis le début de l’épidémie, la PDG de la RATP, Catherine Gouillard, s’est vantée à de nombreuses reprises de prendre toutes les mesures pour assurer la sécurité des travailleurs comme des voyageurs. Avec six morts du Covid-19 dans l’entreprise, elle devrait pourtant se garder de pavoiser.

La RATP a traîné des pieds pour prendre les mesures de protection. Elle a refusé de reconnaître les droits de retrait, menacé les conducteurs de bus qui venaient au travail avec leur propre masque avant de menacer désormais les salariés qui n’en porteraient pas. Si bien que depuis deux mois ce sont bien souvent les travailleurs qui ont dû improviser leurs propres précautions, laborieusement suivis, avec des semaines de retard, par la direction.

Sur la ligne 12 du métro, elle a fini par mettre en place une organisation du travail où chaque conducteur conduit un seul train pendant tout son service, pour éviter que les conducteurs se contaminent les uns les autres. Cela a fonctionné à peu près quand il y avait 30 % de trafic : même si les nombreuses stations fermées demandent plus d’attention, la journée était raccourcie et les conducteurs avaient un peu de temps en terminus pour désinfecter leur cabine, aller aux toilettes ou se laver les mains. Mais avec la remontée de l’offre de transport depuis le 11 mai, ces petits temps ont disparu, et les pauses en cours de journée ne sont pas revenues. De nombreux conducteurs prennent le temps qu’ils jugent nécessaire, et pour l’instant cela reste toléré, mais en attendant, la pression à aller toujours plus vite est bien là.

Les pauses n’ont pas pour autant complètement disparu : chaque fois que c’est possible, la direction en a placé une, très longue, à la fin de la journée. Ce n’est pas pour que les conducteurs puissent souffler, d’ailleurs il n’y a pas grand monde pour s’attarder au travail après la conduite. Simplement, comme il y a de nouveau très souvent du retard en fin de service, le temps supplémentaire passé aux commandes de son métro est pris sur ce temps de pause et n’est plus rendu ou payé en heures supplémentaires comme c’était le cas auparavant.

Même sous couvert de lutte contre le Covid-19, la RATP pense d’abord à faire des économies sur le dos des salariés.

Correspondant LO