Travailleurs sans papiers : en première ligne face à l’épidémie

05 Mai 2020

Déjà en temps ordinaire, sans les travailleurs sans papiers, des pans entiers de l’activité économique ne pourraient pas fonctionner : le ramassage des ordures, le tri des déchets, la construction, le nettoyage, les services d’aide à la personne. C’est encore plus vrai en période d’épidémie.

Le confinement général et la quasi-mise à l’arrêt de l’économie les ont frappés de plein fouet, beaucoup perdant toute source de revenu. Les chantiers, les restaurants, l’hôtellerie ont été fermés. Nombre d’entre eux travaillant en interim ont vu leurs contrats s’achever du jour au lendemain. N’ayant pas de papiers, travaillant souvent sans contrat ou sous alias, il n’était pas question pour eux de toucher des allocations de chômage partiel. La chute brutale de leur revenu a des conséquences dramatiques car c’est souvent eux qui font vivre des familles entières restées au pays.

Dans le même temps, faute de choix, les sans-papiers ont été contraints de continuer à travailler toujours plus nombreux dans des secteurs où ils se trouvent particulièrement exposés au coronavirus et sans moyen d’imposer des protections minimales. Livreurs à vélo, magasiniers, salariés à tous les postes de la grande distribution, agents de sécurité : ils ont dû souvent travailler au contact du public sans gants ni masques, au péril de leur vie.

Leur accorder des droits identiques à ceux de tous les travailleurs serait un minimum, impliquant l’accès aux soins, à des logements décents, aux droits politiques élémentaires. Ce n’est pas des remerciements hypocrites de la part de Macron et sa bande au service des « premiers de cordée » qu’ils ont besoin. Pour les véritables premiers de corvée dont ils font partie, il faut une régularisation générale et immédiate.

Gilles BOTI