“Patriotisme économique” : se défendre des capitalistes

05 Mai 2020

Dans la lignée de Macron qui, début avril, parlait de la nécessité de « rebâtir l’indépendance économique de la France », le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, est intervenu le 29 avril pour faire de nouveau la promotion du patriotisme économique.

Le Maire a ainsi annoncé qu’il contrôlera les investisseurs étrangers dès qu’ils voudront acquérir 10 % d’une entreprise française, au lieu de 25 % jusque-là. La liste des secteurs à protéger, car jugés stratégiques, s’allonge. Aux secteurs de la défense, des technologies de l’information, de l’énergie, des télécommunications, de l’agroalimentaire, de l’aérospatial, des transports, de l’eau, du médical, il ajoute celui des biotechnologies.

« Dans cette période de crise, a déclaré le ministre, certaines entreprises sont vulnérables. […] Des technologies fragilisées pourraient être rachetées à bas prix par des compétiteurs étrangers. » Il s’agit donc de protéger de la concurrence de grands groupes français qui pourraient être affaiblis par la crise.

Dans la même veine, le ministre de l’Économie a insisté sur une nécessaire relocalisation de certaines productions, se disant prêt à mettre en œuvre « une politique fiscale qui maintienne l’attractivité de la France, sinon aucune entreprise ne rapatriera sa production ». Le gouvernement mettra donc de nouveau la main à la poche, autrement dit dans celle des classes populaires, afin de soutenir les patrons. Ces économistes « patriotes » veulent convaincre les travailleurs que défendre leurs patrons, parce que français, serait dans leur intérêt, protégerait leurs emplois et leurs conditions de vie. Il n’y a rien de plus faux.

Le patriotisme économique de Le Maire se résume à protéger les capitalistes français dans la guerre qui les oppose à leurs concurrents étrangers. Mais la dépendance économique entre pays, la mondialisation et l’existence d’une division internationale du travail, ne sont pas en eux-mêmes la source de tous les maux. Le vrai problème est le fait que les capitalistes tiennent les rênes de la production entre leurs mains et qu’ils prennent leurs décisions en fonction de ce que cela peut leur rapporter. Pour faire face à la catastrophe économique qui en résulte, les travailleurs doivent arracher à cette classe capitaliste le pouvoir qu’elle détient sur la société.

A. R.