RATP : riposter aux menaces de sanctions

29 Janvier 2020

Deux agents de la RATP en grève depuis le 5 décembre, respectivement des dépôts de Vitry-sur-Seine et de Flandre, ont reçu une convocation pour un entretien disciplinaire.

La direction leur reproche d’avoir organisé et participé personnellement à des opérations de blocage de la sortie des véhicules. Ils sont convoqués pour faute lourde et menacés de licenciement.

Au dépôt de Vitry-sur-Seine, trois grévistes sont déjà passés en entretien disciplinaire et risquent aussi le licenciement. Ces cinq grévistes sont des militants de la CGT, actifs dans l’organisation du mouvement de grève contre la réforme des retraites sur leurs dépôts respectifs.

Il est évident pour tout le monde qu’à travers eux la direction de la RATP veut se venger de cette grève exceptionnelle par sa durée. Elle veut casser le moral et la colère, et faire passer le message aux salariés mobilisés de ce qu’il peut leur en coûter lorsqu’ils osent contester.

Lundi 27 janvier, cet acharnement contre les travailleurs mobilisés a poussé l’un des grévistes sanctionnés de Vitry à un acte de désespoir. Dès que les agents du dépôt ont appris la nouvelle, ils ont cessé le travail et se sont mis en droit de retrait. Ceux qui ne travaillaient pas ce jour-là sont venus au dépôt, rejoints par des travailleurs d’autres secteurs. Au total, 200 personnes étaient réunies pour exprimer leur colère et leur détermination à continuer de se battre.

De son côté, la direction locale n’a rien trouvé à dire aux salariés regroupés devant le dépôt. Elle a continué de travailler comme si de rien n’était ! Face à ce mépris, les travailleurs réunis sont entrés dans le dépôt pour se faire entendre du directeur : « On ne va pas se taire malgré vos menaces et vos sanctions », « On ne baissera pas la tête », et tout le groupe a scandé « Retrait des sanctions ! »

La direction a choisi de convoquer le même jour à la même heure les deux agents sur leurs dépôts respectifs de Flandre et de Vitry, avec la volonté manifeste de diviser les travailleurs voulant se mobiliser contre les sanctions. Cela n’a fait que renforcer leur détermination, et ils appellent maintenant tous les travailleurs de la RATP, mais aussi des autres secteurs en grève, et même des entreprises privées auxquelles ils sont allés rendre visite, à aller le 3 février soutenir les grévistes menacés : ceux qui travaillent dans le nord iront à Flandre, ceux dans le sud à Vitry. Des responsables politiques sont attendus. Nathalie Arthaud a annoncé qu’elle serait présente.

Depuis le 5 décembre, confrontés à la police, aux CRS et aux huissiers sur les dépôts, les travailleurs ont montré qu’ils étaient capables de se mobiliser malgré la répression. Ils sont conscients que leur force, c’est la solidarité qu’ils ont créée entre eux et avec les travailleurs mobilisés des autres secteurs. C’est tous ensemble qu’ils lutteront pour le retrait des sanctions.