Retraite par points : tout sauf équitable

11 Décembre 2019

La retraite complémentaire Agirc-Arrco des salariés du privé concerne aujourd’hui 18 millions de salariés cotisants et 11,7 millions de retraités. Déjà calculée par points, elle représente en moyenne 60 % de la retraite totale des cadres et 30 % de celle des autres salariés.

Ce complément repose depuis sa création sur un système par points : les salaires sont transposés en points qui s’additionnent au fil des ans, le total étant reconverti en euros au moment de la retraite. Comparativement au système du régime général, qui fait directement référence aux salaires, ce système est plus opaque, car le contrôle des salaires de dizaines d’années de travail, des points accumulés puis de leur conversion en retraite, demande un travail de détective ! En effet, entre le moment de l’acquisition des points en fonction des cotisations versées et le moment de leur conversion en pension de retraite, les paramètres de revalorisation changent.

Un rapport du COR (Conseil d’orientation des retraites) avait mesuré en 2016 l’importance de ces changements : « Les partenaires sociaux ont signé dix accords depuis vingt ans. Ces accords ont organisé une baisse de leur rendement instantané : un salarié acquiert environ 1,5 fois moins de droits en 2015 qu’en 1993 avec le même euro de cotisation. » Cela fait un tiers de retraite complémentaire volé aux travailleurs.

Et le pillage continue : de 2014 à 2017, la valeur du point de retraite a été bloquée et elle n’a augmenté que de 0,6 % au 1er novembre 2018, pour une inflation annuelle estimée à 1,6 % !

Cela illustre quel système « équitable » le gouvernement actuel voudrait faire avaler aux travailleurs.

Martine ANSELME