Retraites : le gouvernement repart à l’attaque

20 Novembre 2019

Comme par hasard, deux semaines avant la manifestation du 5 décembre, le Conseil d’orientation des retraites (COR) vient de publier un rapport alarmiste sur le déficit prévu du système des retraites pour 2025. Selon les scénarios de croissance envisagés, celui-ci pourrait s’établir entre 7,9 et 17,2 milliards d’euros.

Le COR a beau prétendre être un organisme indépendant, ses conclusions ressemblent en tous points aux projets gouvernementaux. Pour trouver l’argent permettant de combler ce déficit, il évoque trois pistes : relever l’âge de départ en retraite, augmenter la durée de cotisation de plusieurs mois par an, ou instaurer un âge-pivot si l’on veut pouvoir partir avec une pension à taux plein. Ce rapport n’est en définitive qu’un copier-coller de celui publié par Delevoye en juillet dernier, où le seul choix laissé aux salariés consiste à rester plus longtemps au travail, jusqu’à l’âge de 64 ans pour la plupart, ou toucher une pension amputée. Dans les deux cas, ce sera aux travailleurs, qui financent déjà en partie les caisses de retraite avec leur salaire, de payer encore plus, que ce soit en fatigue ou en argent.

Devant le mécontentement suscité par le précédent projet, le gouvernement avait reculé en évoquant la « clause du grand-père », qui reporterait les effets négatifs de la réforme sur les nouveaux embauchés, et non sur les travailleurs déjà en poste.

Ce rapport permet au gouvernement d’en remettre une couche sur le prétendu état catastrophique des caisses de retraite et d’alimenter aussi la propagande pour convaincre les travailleurs d’accepter des sacrifices sur leurs retraites et des augmentations de cotisations. Pour mener sa guerre aux travailleurs, le grand capital dispose de nombreux relais, dont ceux prêts à pondre des rapports sur commande.

Marianne LAMIRAL