Neuhauser : les travailleurs débrayent

13 Août 2019

Alors qu’un plan de 185 suppressions d’emplois est en cours à la boulangerie industrielle Neuhauser de Folschviller (Moselle), les travailleurs ont débrayé dix jours de suite contre la réorganisation du travail prévue par la direction.

Fin août, le site Furst 1 doit fermer, et seul restera Furst 2. Sur ce site, un secteur travaillait en 3x8 et les autres en 5x8. La direction a fait passer tout le monde en 3x8. Mais cela se traduisait pour ceux en 5x8 par des pertes de salaire importantes et un allongement de la semaine de travail, qui passe en moyenne de 32 heures à 37,5 heures. Alors, pour faire passer la pilule, la direction a cédé des primes, représentant entre 200 et 400 euros par mois, primes que ne touchent pas ceux qui étaient déjà en 3x8.

Ce sont eux qui ont démarré les débrayages de deux heures par jour qui, dans la boulangerie, se traduisent par des pertes de production de dix heures. Ils ont été rejoints par ceux qui étaient en 5x8, et qui sont très mécontents du passage en 3x8. Pendant dix jours ces travailleurs ont tenu bon, la direction refusant toute négociation, envoyant les directeurs essayer de les convaincre de ne pas faire grève. Ils ont repris le travail lundi 12 août, dégoûtés de l’attitude de ce patron licencieur, arrogant et agressif.

La boulangerie industrielle Neuhauser, qui a fait la fortune de la famille du même nom, appartient désormais au groupe Soufflet. Ce gros groupe capitaliste familial fait un chiffre d’affaires de 4,5 milliards dans l’agroalimentaire. Lorsqu’on mange un sandwich dans la chaîne de restauration rapide Pomme de pain, c’est la famille Soufflet qui encaisse. Elle est la 109e plus riche de France, avec une fortune estimée par le magazine Challenges à 850 millions d’euros.

Alors, pas question d’accepter des licenciements, des bas salaires, une aggravation des conditions de travail dans un groupe aussi riche !

Étienne HOURDIN