Auvergne – Rhône-Alpes : régime sec pour le Planning familial

13 Août 2019

Au moment où le gouvernement se vante de vouloir mener la lutte contre les violences faites aux femmes, il décide de diminuer, dans certaines régions, les subventions de l’une des associations qui militent contre ces violences depuis longtemps, le Planning familial.

C’est le cas en Auvergne – Rhône-Alpes (AURA), où les subventions devraient diminuer globalement de 10 %. Pour le département du Rhône, la subvention 2019 passera de 122 136 à 109 624 euros, et le solde 2018 attendu de 30 966 euros ne sera pas versé, ce qui fera près de 43 500 euros de moins que prévu.

Depuis soixante ans, le Planning assure, en plus de ses entretiens d’écoute et de consultations, des interventions de prévention dans les établissements scolaires. Dans le Rhône, en 2018, il y a eu 6 746 entretiens d’écoute et de consultation, 291 séances d’éducation à la sexualité et 3 511 consultations médicales. Ces dernières ne sont pas menacées, car financées par les départements. Mais au niveau de la région, faute d’argent, les différents centres du Planning risquent de devoir diminuer les interventions dans les établissements scolaires et dans les centres d’hébergement pour personnes en situation de handicap, alors qu’ils n’arrivent déjà pas à faire face à tous les besoins et demandes.

Le cabinet de Marlène Schiappa, la secrétaire d’État à l’Égalité entre femmes et hommes, se défend en affirmant que les subventions globales aux associations luttant contre les violences vont augmenter. Mais elles sont versées par les DRDFE, c’est-à-dire les Directions régionales aux droits des femmes et à l’égalité, qui décideront à quelles associations elles les donnent. Et si elle affirme que, nationalement, la subvention au Planning va un peu augmenter pour pouvoir financer des départements vraiment sous-dotés, ce sera aussi en diminuant les subventions d’autres départements, comme dans la région AURA : on déshabille Pierre pour habiller Paul.

Les sommes ainsi économisées sont dérisoires, comparées aux milliards dépensés pour fabriquer des armes ou subventionner des grandes entreprises déjà richissimes. Mais, s’agissant du social, pour le gouvernement, tout est toujours trop cher. Quant à lutter pour l’égalité hommes-femmes, il reste toujours les discours !

Correspondant LO