Israël : émeutes contre le racisme policier anti-Noirs

17 Juillet 2019

De violentes émeutes ont eu lieu début juillet, suivies de manifestations massives, dans une demi-douzaine de villes israéliennes, dont Tel-Aviv et Haïfa.

À l’origine de cette explosion, la mort d’un Israélien-­Éthiopien de 19 ans, abattu par un policier. Routes bloquées par des barrages de pneus enflammés, commissariat attaqué par près de 1 000 jeunes à Tel-Aviv, 110 blessés dans les rangs de la police, la violence de la réaction des jeunes est à la mesure de leur colère contre le racisme dont la population juive noire d’origine éthiopienne est victime en Israël.

Depuis 1997, onze Noirs israéliens ont trouvé la mort dans une confrontation avec la police. Selon l’Association des Juifs éthiopiens, les mises en examen d’Israéliens-Éthiopiens ont progressé de 90 % depuis 2015 et 90 % des jeunes Noirs passant devant un tribunal sont condamnés, contre un tiers seulement des autres Israéliens.

Les Juifs originaires d’Éthiopie sont 140 000 en Israël, dont 50 000 nés sur place. L’État d’Israël, soucieux de renforcer numériquement sa population, d’alimenter son armée en soldats et son marché du travail en main-d’œuvre à bon marché, a lui même milité pour leur venue dans le pays.

Bousculant les réticences ou l’hostilité initiales des autorités religieuses, Israël a reconnu leur judéité en 1975, leur donnant droit à la loi du retour autorisant tout Juif à venir s’installer en Israël. Dans les années 1980-1990, il a organisé deux ponts aériens clandestins pour les ramener par milliers d’Éthiopie et des camps de réfugiés du Soudan.

Une fois arrivés, les juifs éthiopiens ont été traités avant tout comme des pauvres. En Israël comme ailleurs, ce qui est déterminant n’est pas la communauté historique, culturelle ou religieuse, c’est l’appartenance de classe.

Pierre LEMAIRE