Réforme de la fonction publique : une attaque contre tous les travailleurs

20 Février 2019

Mercredi 13 février, le gouvernement a présenté son projet de loi de réforme de la fonction publique. Une nouvelle fois, par réforme, il faut entendre attaque contre une partie des salariés.

Le projet prévoit de faciliter le recours aux contractuels, c’est-à-dire aux travailleurs embauchés dans la fonction publique avec un contrat de droit privé. Cela n’a rien de nouveau : les contractuels représenteraient 21 % des travailleurs dans la fonction publique, et même 25 % dans la fonction publique territoriale. Ils sont particulièrement nombreux aux postes les moins bien payés, et plus souvent à temps partiel que les fonctionnaires. Ces travailleurs sont majoritairement en CDD. Et le gouvernement veut aggraver la situation en allongeant la durée des CDD et en multipliant les CDI de droit privé, au détriment des embauches de fonctionnaires, mieux protégés contre les licenciements.

D’autres dispositions du projet de loi vont dans le même sens. La rupture conventionnelle, qui masque souvent un licenciement, serait autorisée pour les contractuels. L’État pourrait imposer des contrats de projet qui, comme les contrats de mission dans le secteur privé, seraient liés à une mission précise et ne pourraient pas être transformés en CDI. Enfin, plusieurs dispositions sont censées encourager les transferts entre administrations et même entre différentes fonctions publiques, ce qui faciliterait les 120 000 suppressions de postes annoncées par Macron, en faisant pression sur les travailleurs pour qu’ils acceptent des mutations.

Tout cela s’accompagne d’une campagne contre les fonctionnaires, qui coûteraient trop cher et seraient des privilégiés. Le gouvernement essaie même de faire croire qu’il s’agit d’une revendication du mouvement des gilets jaunes. Mais avoir un salaire garanti à la fin du mois n’est pas un privilège : c’est un droit, pour chaque travailleur.

Claire DUNOIS