Cancer : double peine pour certains

20 Février 2019

En comparaison avec les pays pauvres, les malades sont mieux lotis en France, pays développé, pour la prise en charge, le traitement et le suivi d’un cancer. Mais la journée mondiale du cancer, le 4 février, a rappelé l’importance du reste à charge financier qui contraint nombre d’entre eux à renoncer à des soins essentiels.

D’abord, pour les malades qui vivent sans exploiter personne, c’est-à-dire de leur salaire, un cancer est rapidement synonyme d’une baisse de revenus étant donné la durée de l’arrêt maladie qu’il entraîne.

Ensuite, si les traitements, la chirurgie, la chimiothérapie, la radiothérapie, l’immunothérapie, sont pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie, c’est sans compter les dépassements d’honoraires qui ne peuvent être acquittés que par ceux qui en ont les moyens.

Puis, il y a les participations forfaitaires et autres franchises médicales déduites des remboursements de l’Assurance maladie : 1 euro par consultation médicale, 50 centimes par boîte de médicaments prescrite et par acte paramédical (infirmier, kiné), 2 euros à chaque transport remboursé par la Sécurité sociale. Même avec le plafonnement, cela représente 100 euros par an. Et il ne faut pas oublier le forfait hospitalier de 18 euros par journée d’hospitalisation.

Enfin, il y a tous les produits indispensables pour contrecarrer les effets de la maladie et des traitements, mais qui ne sont pas pris en charge par l’Assurance maladie : les crèmes contre les brûlures de la radiothérapie, les gels et vernis pour renforcer les ongles qui s’abîment sous les effets des traitements, les soutiens-gorge adaptés après ablation d’un sein, les perruques dont le tarif de remboursement est bien en deçà des prix acquittés… Une longue liste de produits que cette société riche de toutes les avancées scientifiques et techniques ose appeler produits de confort.

Sophie GARGAN