Algérie : Bouteflika reparti pour un tour

20 Février 2019

Dimanche 10 février, Abdelaziz Bouteflika, le président en exercice, a annoncé officiellement sa candidature à l’élection présidentielle du mois d’avril. Après presque vingt ans au pouvoir, le voilà donc en lice pour un cinquième mandat de cinq ans.

Les différentes fractions de la bourgeoisie et du pouvoir n’ont donc trouvé un accord que sur le fait de reconduire le vieux président de 81 ans. Très diminué par la maladie, il semble à l’heure actuelle le seul à pouvoir garantir une stabilité politique profitable aux affaires du grand patronat algérien et étranger. La bourgeoisie a été en effet largement servie sous le règne de Bouteflika. Avantages fiscaux, subventions et autres crédits à taux avantageux ont représenté des milliards de dollars offerts aux investisseurs algériens et étrangers.

Sous prétexte de développer l’industrie algérienne, le gouvernement a déroulé le tapis rouge aux constructeurs automobiles européens et asiatiques. La construction de l’usine d’assemblage de Renault à Oran a été financée à 70 % par l’État algérien, qui verse en plus au constructeur automobile une aide de 12 000 dinars mensuels par travailleur, tout en lui offrant le marché algérien sur un plateau. Parallèlement, le pouvoir poursuit une politique d’austérité, payée par les travailleurs qui subissent les conséquences de la dégradation de la situation sociale.

Alors, si Bouteflika a été choisi pour continuer de servir de paravent à cette politique, c’est un paravent au moins aussi fragile que sa santé.

Nadia CANTALE