Trusts pétroliers : les majors touchent le gros lot

13 Février 2019

Les cinq premiers trusts mondiaux du pétrole ont révélé leurs résultats pour 2018 : ils ont crevé le plafond avec un total de 80 milliards de dollars de bénéfices. Ces résultats sont encore plus élevés que ceux de 2014, alors que le pétrole atteignait son cours le plus haut, en moyenne 100 euros contre 80 cette année. Les rois du pétrole ne connaissent pas la crise.

Parmi les cinq majors, le trust français Total récolte un profit de 11,5 milliards d’euros. C’est 28 % de plus par rapport à l’an dernier, et son plus gros bénéfice depuis 5 ans.

Ces records de profits s’expliquent par un cours du baril de pétrole qui en moyenne a été élevé au cours de l’année écoulée. Les automobilistes n’ont pas manqué de s’en rendre compte en faisant leur plein. Mais ce n’est pas la seule raison. Loin des discours d’un côté sur la libre concurrence, de l’autre sur les limites des ressources en hydrocarbures, les capitalistes du secteur s’entendent pour contrôler la production afin de ne pas mettre en danger leurs profits. Leurs investissements sont réalisés de telle façon que la production de pétrole ne soit ni trop abondante ni trop faible et donc que les cours du pétrole restent dans des limites permettant ces milliards de profits.

En plus de cela, le patron de Total se félicite d’avoir su, ces dernières années, réduire les coûts afin de faire face, expliquent les dirigeants du groupe, aux fluctuations des cours du pétrole. Réduire les coûts signifie entre autres que Total a compressé ses effectifs et maintenu les salaires au plus bas sur ses sites d’exploration et d’extraction pétroliers et gaziers, ainsi que dans les raffineries. Au Gabon, cette politique de réduction des coûts a entraîné une grève des travailleurs des installations de Total, en juin 2018 contre la diminution de leur salaire.

Dans les pays d’Afrique, qui représentent un tiers des activités du groupe Total, tels l’Angola, la Mauritanie, le Cameroun, la République Démocratique du Congo, ou encore le Nigéria, Total négocie au plus juste les licences avec ces États. La compagnie puise depuis des décennies de l’or noir dans ces pays, sans qu’en retour cela élève le niveau de vie des populations locales. Les 11,5 milliards d’euros de profits que les actionnaires vont se partager, représentent plus que le produit intérieur brut de nombreux pays : celui du Burkina Faso par exemple, sans parler du Bénin ou du Tchad.

Total rackette la population dans ses stations-service et pille les ressources de la planète, au seul profit de ses actionnaires.

Gaëlle Regent