PSA – Hérimoncourt : le groupe veut fermer une nouvelle usine !

13 Février 2019

C’est un véritable coup de massue qu’ont reçu les 213 travailleurs de l’usine d’Hérimoncourt, dans le Doubs, quand ils ont appris mercredi 6 février au comité central d’entreprise de PSA que la direction allait transférer leur activité vers le site de Vesoul.

Les travailleurs ont réagi dès le lendemain en débrayant dans les deux équipes. Lundi 11, à l’appel de tous les syndicats de l’usine et de l’UL-CGT d’Audincourt, une journée de grève et de manifestation a été décidée, et environ 400 personnes se sont rassemblées devant les portes, ouvriers, toutes catégories confondues, anciens de l’usine, habitants, gilets jaunes, militants syndicaux. Les manifestants ont défilé dans les rues en scandant « Du pognon, il y en a dans les caisses de PSA ! » ou encore « Le CICE de PSA, c’est fait pour quoi ? C’est fait pour ça ! »

Cette usine, c’est le berceau historique de Peugeot, comme le clament les élus locaux, députés et sénateur qui s’accommodent de la politique patronale et gouvernementale mais font semblant de s’étrangler d’indignation quand cette politique fait des dégâts dans leur région. Vieille de deux siècles, l’usine a produit des outillages à main, puis des moulins à café, avant de devenir POE (Peugeot outillage électrique) qui employait 3 000 salariés. Cette activité a été liquidée en 2001. Seule restait une activité de collecte, rénovation et reconditionnement de moteurs usagés. C’est cette activité que PSA voudrait maintenant transférer à Vesoul, en proposant aux travailleurs des reclassements dans cette ville, à 80 km, ou à Sochaux ou Mulhouse.

Les raisons invoquées par la direction sont claires : rentabilité et compétitivité. Et le choix de Vesoul n’est pas innocent. Elle y a trouvé des syndicats, FO et CFTC, pour signer un accord pourri qui permet à la direction de faire travailler 37 h 45 par semaine payées 36. Et ce sont les responsables de ces mêmes syndicats qui se sont réjouis de l’arrivée promise de « nouvelles compétences » d’Hérimoncourt à Vesoul. C’est peu dire que cette réaction a été accueillie fraîchement par leurs collègues du Doubs !

La direction de PSA use des mêmes méthodes qu’à Aulnay : mensonges et tromperies. Depuis deux ans, elle promettait du travail à Hérimoncourt avec « des objectifs ambitieux et les retombées des orientations de l’économie circulaire ».

L’annonce du projet de fermer l’usine d’Hérimoncourt arrive deux mois après celle de la fermeture de l’usine de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis. Carlos Tavares, le PDG de PSA, qui touche 18 300 euros par jour, renforce sa politique qui consiste à augmenter la rentabilité du groupe avec la peau des travailleurs.

À quelques jours de la publication des bénéfices du groupe, les travailleurs savent que la famille Peugeot a les moyens de maintenir tous les emplois, et ils n’entendent pas se laisser abattre. Ils sont décidés à se faire entendre et une nouvelle journée de mobilisation est prévue le 23 février.

Correspondant LO