Permis de conduire : un enseignement à dispenser à l’école

13 Février 2019

Des patrons d’auto-écoles ont manifesté lundi 11 février pour protester contre le danger d’ubérisation que court leur profession.

Alors qu’actuellement, les auto-écoles sont soumises à un agrément départemental et sont obligées d’avoir un local, le projet de modifier leur statut leur fait craindre la concurrence des réseaux en ligne.

À cela s’ajoutent les annonces de Macron sur une éventuelle baisse du coût du permis de conduire, et la publication récente d’un rapport parlementaire évoquant la possibilité pour les jeunes de le passer pendant leur service national universel, qui doit être instauré en juin.

Que les patrons des auto-écoles s’inquiètent d’une baisse éventuelle de leurs revenus est certes légitime. Mais force est de reconnaître que les sommes versées pour obtenir le permis de conduire sont exorbitantes – 1 800 euros en moyenne – surtout pour un jeune de milieu populaire ou un chômeur, que les familles sont bien en peine d’aider. Par conséquent, ils sont nombreux à renoncer et le nombre de conducteurs sans permis, estimé à plus de 600 000, en témoigne. Si ceux-ci ne sont pas tous des chauffards, un apprentissage correct de la conduite et du code est quand même une question de sécurité aussi bien pour le conducteur que pour les autres usagers de la route.

Aujourd’hui, l’automobile est devenue un outil indispensable, ne serait-ce que pour se rendre à son travail, vu la carence des transports collectifs hors des grandes villes. L’apprentissage de la conduite devrait donc être gratuit et pouvoir se faire dans le cadre scolaire, comme l’est déjà en partie celui du code de la route, et aboutir à un examen à l’instar des autres matières enseignées. Quant aux patrons des auto-écoles, même si rien ne les empêche d’avoir d’autres clients que les scolaires, rien ne dit qu’ils y perdraient s’ils étaient payés par l’État pour le temps qu’ils consacrent à apprendre la conduite automobile aux jeunes.

Marianne LAMIRAL