Macron s’adresse aux jeunes : du bavardage !

13 Février 2019

Jeudi 7 février, Macron était en Bourgogne pour un grand débat avec un millier de jeunes, lycéens, étudiants ou apprentis, accompagné de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation, et de Muriel Pénicaud, ministre du Travail.

Face aux questions de lycéens inquiets des conséquences de la réforme du lycée, Macron et ses ministres ont défendu la disparition des filières L, S et ES, et leur remplacement par douze spécialités choisies par les élèves, allant de Humanités, littérature et philosophie à Numérique et sciences informatiques. « Vous devez être des citoyens libres, donc on vous donne les moyens de choisir », a dit Macron. Une lycéenne s’est pourtant inquiétée que, « dans les zones rurales, certaines spécialités ne soient pas présentes dans tous les lycées ». Effectivement beaucoup de lycées, même en centre-ville, proposeront moins de huit spécialités, recouvrant à peu près les options qu’ils avaient avant. Mais comme le principal objectif de cette réforme est la suppression, dès la rentrée 2019, de 2 600 postes d’enseignants, dans les cours de spécialités les élèves pourront être regroupés à 35 ou plus. Et si trop peu d’élèves choisissent une spécialité dans un lycée, le rectorat la supprimera.

Jean-Michel Blanquer a aussi défendu le bac professionnel et le BTS, les présentant comme « un succès français ». Pourtant, la réforme qui prétend, à la rentrée prochaine, faire de l’enseignement professionnel « une nouvelle voie vers l’excellence » diminuera les heures d’enseignement général en français, histoire-géographie, mathématiques ou langues. C’est diminuer le bagage de connaissances et de culture générale dispensé aux futurs travailleurs.

Blanquer a enfin défendu la plateforme Parcoursup, pour l’affectation des futurs étudiants dans l’enseignement supérieur. Mais, comme l’année dernière, le manque de places dans les universités empêchera beaucoup de jeunes de poursuivre les études de leur choix.

Les moyens prévus par les rectorats pour la rentrée prochaine sont annoncés en ce moment dans les établissements, souvent en forte diminution, et de premières mobilisations ont eu lieu. Dans sa nouvelle réforme, qui concerne aussi le primaire et les collèges, Blanquer ajoute des mesures contre les enseignants, en voulant leur imposer la possibilité d’une seconde heure supplémentaire hebdomadaire, afin de continuer à diminuer les effectifs. Et ce n’est pas sa volonté d’introduire une clause visant à interdire la critique publique de l’institution par les enseignants qui empêchera la colère contre ces économies sur le dos des jeunes de s’exprimer.

Hélène COMTE