AESH : une situation inacceptable

13 Février 2019

Quelque 110 000 accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) – en majorité des accompagnantes – sont le plus souvent en mi-temps forcé, avec des payes qui tournent autour de 700 euros par mois. Elles ont manifesté le 5 février dans une trentaine de villes, pour les salaires et contre la précarité de leur emploi.

Une loi de 2005 a rendu obligatoire l’inclusion des enfants porteurs de handicap dans les classes, avec un accompagnement personnel durant un certain nombre d’heures, variable suivant leurs difficultés. Mais le budget de l’Éducation nationale a ignoré la nécessité de recruter le personnel indispensable à cette tâche, et de le payer. Pendant des années, c’est Pôle emploi qui a recruté des auxiliaires de vie scolaire (AVS) avec des contrats uniques d’insertion. Le gouvernement actuel se félicite d’avoir un plan pour les résorber progressivement au profit d’un contrat d’AESH avec l’Éducation nationale.

Or, avec leur nouveau contrat, qui n’est accordé qu’après un entretien, non seulement leur salaire mensuel ne bouge pratiquement pas, mais elles sont contraintes à 23 heures de présence au lieu des 20 heures du contrat d’insertion. Il n’est pas non plus mis fin à la précarité, puisqu’elles doivent enchaîner les CDD durant six ans avant, peut-être, de se voir proposer un CDI. La période où elles ont travaillé en contrat d’insertion ne compte pas dans cette longue période d’essai. Autant dire que, pour ne pas rester des laissées pour compte, les AESH ne peuvent compter que sur leur détermination collective.

Correspondant LO