Retraites : non à la baisse des pensions !

23 Janvier 2019

Lundi 21 janvier, après une interruption pour éviter de jeter de l’huile sur le feu dans les premiers mois du mouvement des gilets jaunes, le haut-commissaire du gouvernement Jean-Paul Delevoye a relancé la concertation sur la réforme des retraites avec les syndicats et le patronat.

Prudent, le gouvernement a annoncé qu’il ne souhaitait pas repousser l’âge officiel de départ en retraite. Celui-ci resterait à 62 ans, mais il serait envisagé de donner une surcote à ceux qui partiraient plus tard, 3 % à 5 % de plus pour un an de travail supplémentaire. C’est cette aumône, contrepartie d’une année d’exploitation supplémentaire, que Delevoye présente comme une façon « d’éviter la paupérisation des seniors ».

Un très grand nombre de retraités sont déjà pauvres : ils vivent avec à peine le smic, et parfois bien moins. Les salaires très bas, les périodes de chômage, les aléas de l’existence aboutissent à des pensions de survie, quel que soit le mode de calcul actuel ou futur.

Toutes les réformes des retraites, de Balladur à Hollande en passant par Fillon et Sarkozy, ont été des attaques contre les retraités. La réforme pour une retraite dite universelle de Macron continue sur la même lancée, en supprimant les quelques avantages de certains régimes spéciaux, dans le public en particulier, et en préparant une retraite de misère pour toute une partie de la population, au nom de la sauvegarde du système de retraite.

C’est pour perpétuer le pillage des caisses publiques par les capitalistes que le gouvernement réduit de plus en plus la part de richesse sociale rendue aux retraités. Pourtant, ce sont eux qui l’ont produite par leur travail. Et c’est bien pourquoi les capitalistes, qui les ont exploités, devraient assurer une retraite digne à tous les travailleurs.

Les retraités ont largement animé les ronds-points des gilets jaunes, qui ont obligé Macron à reculer un peu sur la hausse de la CSG. Beaucoup d’autres, ou les mêmes, ont participé depuis des mois à des manifestations, dont une est encore prévue le jeudi 31 janvier, à l’appel de la CGT.

Le gouvernement discute avec les syndicats et les organisations patronales. Mais les retraités, eux, et bien des travailleurs en activité, ont déjà donné leur avis, et de la façon la plus claire qui soit.

Sylvie MARÉCHAL