Rassemblement national : démagogie et calculs politiciens

23 Janvier 2019

Le 13 janvier, le Rassemblement national (ex-FN) a fait son meeting de lancement de campagne à Paris.

C’était l’occasion pour Marine Le Pen d’afficher son nouveau trophée de chasse : Thierry Mariani, l’ex-ministre de Sarkozy, rallié dernièrement au parti d’extrême droite. Avec ce genre de politiciens de droite, le RN espère gagner en crédibilité comme éventuel parti de gouvernement.

Le meeting a aussi été l’occasion de présenter la tête de liste pour les élections européennes : Jordan Bardella, 23 ans, directeur national de Génération nation (ex-Front national de la jeunesse).

Si celui-ci se prévaut d’être jeune et originaire de Saint-Denis, scolarisé toutefois à l’établissement privé Saint-Jean-Baptiste-de-La-Salle-Notre-Dame-de-la-Compassion, son discours ne fait que reprendre les vieilles manœuvres pour diviser les travailleurs. Son axe favori est d’attaquer les migrants, accusés d’être responsables de tous les maux et de la misère des « Français ». Comme tous les autres partis de la bourgeoisie, le RN est à plat ventre devant la classe capitaliste, seule responsable de la pauvreté dans laquelle tombent de plus en plus de travailleurs, français ou non, avec les fermetures d’usines, les plans de licenciements et l’exploitation accrue.

L’autre cible de Bardella, ce sont ceux « qui ne sont pas élus mais régentent la vie des Français ». Les actionnaires des grandes entreprises, qui décident de tout dans le secret de leurs conseils d’administration ? Non, les commissaires européens !

À la fin de son discours, Bardella s’est exclamé : « Le soir du 26 mai, je veux que Castaner ait les larmes aux yeux, que Griveaux cherche ses mots sur les plateaux de télé, que Macron, que Juncker, que Merkel comprennent que c’est fini ! » En cas de gros score électoral du RN aux européennes, les politiciens en question pleureront peut-être leur carrière compromise. Mais une chose est sûre : la grande bourgeoisie française, les Arnault, Pinaud, Dassault, Bolloré, Mulliez, Besnier, Bettencourt et autres dormiront, eux, sur leurs deux oreilles.

Julie LEMÉE