CAF – Nancy : des difficultés des deux côtés du guichet

23 Janvier 2019

Face à la mobilisation des gilets jaunes, Macron a concédé une hausse de la prime d’activité, en réalité l’anticipation d’une hausse déjà prévue, et son élargissement en rehaussant le plafond d’attribution, jusqu’à environ 1 800 euros net pour une personne seule sans enfant.

Dans les Caf, cela a suscité beaucoup de questions parmi le personnel : comment appliquer dès février une hausse décidée mi-décembre qui devrait ramener un million d’allocataires supplémentaires ? Car les Caf croulent déjà sous les dossiers et, en plus, le gouvernement a annoncé cet été la suppression de 2 100 postes d’ici 2022.

Dès les premiers jours de janvier, ce fut la grande affluence dans les accueils. De nombreux allocataires venaient se renseigner sur leurs droits, et le nombre de demandes de prime d’activité déposées en janvier est déjà quatre à cinq fois plus important que l’année dernière. La ministre de la Santé et des Solidarités s’est engagée à ce que les dossiers reçus avant le 25 janvier soient payés le 5 février, mais sans y mettre les moyens. Car, pour traiter les dossiers, encore faut-il avoir les effectifs nécessaires.

Outre la charge de travail que cela représente, de nombreux agents des Caf se sont aperçus qu’eux aussi pouvaient prétendre à cette aide, tellement les salaires sont bas. Et pas seulement les plus jeunes dont le salaire d’embauche est de 30 euros au-dessus du smic, mais aussi certains qui sont pourtant proches de la retraite. Cela a eu le mérite de provoquer de nombreuses discussions sur les salaires entre collègues, dont les salaires sont bloqués trop longtemps.

Après une première grève en décembre, à laquelle ont participé plus de 36 000 agents de la Sécurité sociale, soit 30 % de l’effectif, à l’appel de l’ensemble des syndicats, nombreux sont ceux qui envisagent de remettre ça lors d’une prochaine mobilisation annoncée pour le 29 janvier.

Correspondant LO