PCF : nouvelle tête, vieille politique

28 Novembre 2018

Lors de son 38e congrès, du 23 au 25 novembre, le PCF s’est doté d’un nouveau secrétaire national : Fabien Roussel, député du Nord. Il succède à Pierre Laurent, désavoué par les militants lors d’un vote interne début octobre.

Fabien Roussel se donne pour mission de mettre un coup d’arrêt à l’hémorragie militante et à la dégringolade électorale du PCF, attribuées à l’effacement du parti devant Mélenchon et à l’absence de candidat PCF aux élections présidentielles de 2012 et 2017. Le congrès a ainsi confirmé la candidature de Ian Brossat comme tête de liste du parti aux prochaines élections européennes.

En fait, l’éloignement d’avec La France insoumise va de pair avec… un nouveau rapprochement avec le PS. Fabien Roussel ne cache pas sa volonté de préparer un accord avec ce parti pour les municipales de 2020. De nombreux socialistes, dont Olivier Faure, le secrétaire national, étaient d’ailleurs présents au congrès du PCF en tant qu’invités.

Avec le choix de ce nouveau dirigeant, le PCF ne fait donc que réaffirmer sa préoccupation immédiate : conserver le plus possible ses municipalités et les places de toute nature qu’elles peuvent procurer. Fabien Roussel et son équipe font le calcul qu’une alliance avec le PS sera d’un meilleur rendement qu’un face-à-face avec Mélenchon.

Le PCF continue sur sa lancée, à des années-lumière du parti révolutionnaire qu’il était à sa création en 1920, dans la foulée de la révolution d’Octobre.

La hiérarchie du parti affirmera bien sûr que garder les élus, c’est assurer une vie meilleure aux travailleurs des villes concernées, et que c’est pour cela que le parti se doit d’envisager toutes les alliances. Mais dans la période actuelle, grosse de régressions catastrophiques, cette pseudosagesse politique est plus nocive que jamais.

Pour assurer une vie meilleure aux travailleurs, pour leur assurer une vie simplement décente, il faudra des combats acharnés contre le capital. Dans cette perspective, la classe ouvrière a besoin d’un parti de combat, pas d’un cartel de sortants prêts à toutes les compromissions pour garder leurs fauteuils.

Julie LEMÉE