Gilets jaunes : revendications diverses sur fond de colère

28 Novembre 2018

Au travers des regroupements des gilets jaunes, comme sur les réseaux sociaux où circulent des pétitions, s’expriment des revendications très variées.

Celle qui revient majoritairement est bien entendu la baisse ou la suppression des taxes sur le carburant, d’autant plus insupportables que les revenus sont plus faibles. Mais la liste est bien plus longue et elle exprime, par sa diversité, tout ce que la population laborieuse a sur le cœur depuis des années de galère, de chômage et de baisse des revenus, dont la hausse des taxes sur les carburants a été le détonateur.

Allant au-delà du problème des carburants, la principale revendication est au fond celle de l’augmentation du pouvoir d’achat, alors que le gouvernement ne propose que des sparadraps tels que des primes d’aide à ceci ou à cela. À travers cette revendication qui pose la question des salaires, des pensions et des allocations, c’est aussi leur dignité que les manifestants défendent, qui veulent pouvoir vivre correctement sans avoir besoin de quémander. Ils demandent aussi à être respectés quand ils veulent que l’on « prenne en compte la voix des citoyens » et s’élèvent contre le mépris que les puissants ont à leur égard, non seulement en clamant « Macron démission », mais surtout en s’élevant contre l’inégalité sociale qui ne cesse de creuser l’écart entre riches et pauvres, ce qui transparaît dans la volonté de « mettre fin à la précarité».

À ces revendications de base, qui donnent une certaine unité au mouvement, s’en ajoutent d’autres plus ciblées, visant les plus gros pollueurs, tel Total, ou plus politiques, avec la « réécriture d’une nouvelle Constitution » et la mise en place de référendums d’initiative populaire, ou qui peuvent même apparaître carrément hors-sujet, comme la suppression du Sénat, etc.

La variété des revendications illustre en tout cas quels sont les problèmes des travailleurs, des retraités et des chômeurs, victimes des grands capitalistes qui les écrasent et des politiciens qui les méprisent. Au fond, dans les cahiers de doléances rédigés par des membres du Tiers-État avant la Révolution de 1789, il y avait la même diversité des remontrances que le peuple adressait au roi. Certains en ont même perdu la tête !

Marianne LAMIRAL