Extrême droite : les idées qui divisent

28 Novembre 2018

Mardi 20 novembre, sur un barrage près de Flixecourt dans la Somme, des gilets jaunes ont découvert la présence de six migrants dans un camion-citerne venant de Belgique.

Enfermés depuis des heures dans la cuve, puisque le camion était bloqué, ces migrants appelaient à l’aide. Ceux qui tenaient le barrage ont alerté la gendarmerie pour les faire arrêter. Fiers de leur geste, ils se sont filmés et ont posté la vidéo, assortie de propos racistes et violents.

Parmi les gilets jaunes, cette attitude reste marginale. Sur la grande majorité des barrages ou des ronds-points, ce n’est pas ce genre de propos qui dominent. Sur certains ronds-points, la présence de militants conscients a d’emblée donné le ton, puisque les propos racistes ont été interdits. C’est d’ailleurs comme cela que le mouvement se renforce. Sur le rond-point des Vaches à Rouen, des femmes d’origine marocaine viennent quotidiennement apporter de la chorba pour réchauffer les gilets jaunes ; des barbecues sont installés, et il y en a un pour les travailleurs qui ne mangent pas de porc. Tout cela se fait dans une ambiance bon enfant. Ces travailleurs ont conscience qu’il ne faut surtout pas se laisser diviser.

Malgré tout, l’épisode de Flixecourt montre que le mouvement est composite et que les idées propagées par l’extrême droite, si elles étaient reprises, pourraient lui donner un tout autre ton. Sous prétexte de défendre le pouvoir d’achat, elle attaque seulement l’État, et non le grand patronat. Du coup, pour certains, s’attaquer aux plus pauvres, aux migrants « qui profiteraient de l’argent de l’État » paraît peut-être plus simple que de s’attaquer à leur patron. C’est une propagande qui risque de diviser les travailleurs, alors que leurs seuls ennemis sont les Arnault, Pinault, Peugeot, cette classe de capitalistes qui s’enrichit en appauvrissant la majorité des couches populaires.

Aline URBAIN