Contre les violences faites aux femmes : des manifestations massives

28 Novembre 2018

Samedi 24 novembre, à Paris, Marseille, Toulouse, Lille, Lyon, Nantes, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté contre les violences faites aux femmes. D’après les organisatrices, c’est la plus grande mobilisation féministe en France depuis des années.

Des femmes de toutes générations, mais aussi des hommes, ont défilé pour dénoncer les viols, les agressions sexuelles, les coups et aussi les comportements sexistes, les gestes obscènes et les remarques misogynes.

En France, 123 femmes ont été tuées par leur conjoint en 2016, une tous les trois jours. Chaque année, 220 000 femmes subissent des violences dans le cadre conjugal, une sur trois a déjà été harcelée ou agressée sexuellement au travail.

Le mouvement #metoo, la mise en examen d’hommes connus dans le monde du spectacle ou de la politique, l’activité des organisations féministes, tout cela a contribué à faire connaître les violences que subissent les femmes, leur a donné le courage de porter plainte en plus grand nombre. Mais l’écrasante majorité d’entre elles ne le font toujours pas, par peur d’être considérées comme affabulatrices ou accusées d’avoir provoqué elles-mêmes leur agresseur. Elles sont aussi découragées par l’énorme dépense d’énergie que réclament les démarches dans des commissariats dont l’accueil est souvent rebutant, par les procédures épuisantes pour aller jusqu’au bout d’une démarche juridique qui débouche souvent sur une impasse, faute de preuves. C’est aussi très souvent la peur d’être licenciée quand le harcèlement a lieu au travail.

Selon des associations, il faudrait plus de 500 millions d’euros par an pour aider les femmes victimes de violences : le gouvernement ne leur en accorde que 79. Tout ce que le Premier ministre Édouard Philippe vient d’annoncer après la manifestation est la mise en fonction de la plateforme de signalement en ligne des violences sexistes et sexuelles promise depuis un an !

Des mesures dérisoires, des discours creux sur l’égalité des femmes et des hommes pour l’emploi ou les salaires, c’est tout ce qu’offre ce gouvernement, comme ceux qui l’ont précédé. Il faudra bien d’autres combats des femmes et des hommes contre cette société où l’oppression et le mépris des femmes sont souvent considérés comme la norme.

Sylvie MARÉCHAL