Pouvoir d’achat : des mesures dérisoires

14 Novembre 2018

Pour tenter de désamorcer la mobilisation prévue le 17 novembre, le Premier ministre, Édouard Philippe, a annoncé quelques mesurettes au Conseil des ministres. Pas de quoi enrayer la chute du niveau de vie et calmer la colère de nombreux travailleurs qui voient leur pouvoir d’achat amputé par les hausses de prix.

Une « super-prime » à la conversion de 4 000 euros serait instaurée, alors qu’elle était limitée à 2 000 euros pour l’acquisition d’un véhicule moins polluant. Cette prime serait réservée aux 20 % les plus modestes… c’est-à-dire à ceux qui, bien souvent, n’ont déjà pas les moyens d’acheter une voiture et d’en assurer l’entretien.

Il en va de même pour la mise en place d’une prime à la conversion, mot décidément à la mode, pour les chaudières au fioul qui devraient disparaître d’ici dix ans. Cette prime pourrait représenter un tiers du prix d’une nouvelle chaudière, mais cela obligerait les familles concernées à en débourser les deux-tiers. De plus, en quoi l’acquisition d’une chaudière à gaz, par exemple, résoudra-t-elle la question du pouvoir d’achat alors que le prix du gaz a lui-même augmenté de 16 % en 2018 ? Ce n’est pas l’augmentation de 50 euros du chèque énergie pour les familles non-imposables en situation de précarité énergétique, qui les sortira justement de la précarité tout court.

Car la question fondamentale est bien celle de la faiblesse du pouvoir d’achat, des salaires, à commencer par le smic, des pensions et des allocations. Comment vivre, se nourrir, se loger, se chauffer, se déplacer aujourd’hui alors que les prix ne cessent d’augmenter ? Les travailleurs ne veulent pas d’aumône ni d’aides ou de primes. Tous les travailleurs en activité, au chômage ou en retraite, doivent avoir une rémunération décente indexée sur les prix. C’est ce qu’il faudra imposer au gouvernement et au patronat.

Christian BERNAC