Remaniement : nouvelles têtes au service du capital

17 Octobre 2018

Deux semaines après la démission en plusieurs épisodes de Gérard Collomb du ministère de l’Intérieur, le remaniement ministériel, bien difficile à accoucher, a été rendu public mardi 16 octobre.

Pour les classes populaires qui subissent les attaques antiouvrières de Macron, ce changement des têtes chargées d’incarner sa politique est un non-événement. Castaner, ex-PS, fidèle de la première heure et poids lourd de la macronie remplace Collomb, ex-PS, qui a été un parrain politique de Macron avant de l’abandonner. Mais pour les migrants, pour les manifestants contestant la politique du gouvernement, pour la jeunesse des quartiers populaires, la police gardera les mêmes matraques et le même mépris. En flanquant Castaner d’un secrétaire d’État venu directement de la lutte antiterroriste, Macron et Philippe veulent renforcer leur image d’hommes d’État à poigne.

Parmi les entrants, Macron a recruté deux cadres patronales, Agnès Pannier-Runacher, numéro deux à la Compagnie du Rhône et Emmanuelle Wargon, dirigeante chez Danone. Elles rejoignent Muriel Pénicaud, ex-DRH de Danone, Élisabeth Borne, ex-dirigeante à la SNCF ou encore Jean-Michel Blanquer, ex-patron de l’Essec. Dans ce gouvernement au service du patronat et des riches, il faut des gens habitués à cette tâche.

Macron et Philippe ont mis deux semaines pour s’accorder et trouver le subtil équilibre entre les anciens du PS, utiles pour donner une tonalité de gauche à ce gouvernement, les transfuges de la droite classique, comme le LR Franck Riester nommé à la Culture, et les alliés du Modem, comme le député Marc Fesneau qui devient ministre chargé des Relations avec le Parlement. Visiblement, les candidats ne se bousculaient pas pour rejoindre un gouvernement dont la popularité se réduit comme peau de chagrin ; plusieurs personnalités pressenties auraient même décliné selon la presse.

Les vocations de ministres semblent en baisse dans le vivier habituel du personnel politique professionnel, les présidents de départements ou de régions, les maires des grandes villes ou les députés au Parlement européen. Mais ce n’est évidemment pas à cause de la paie, de la retraite ou des conditions de travail qui se dégradent. Il est clair que dans ce milieu, on estime très probable le risque de prendre une grande claque lors des prochaines élections.

Xavier LACHAU