Ford – Blanquefort : les travailleurs menacés

17 Octobre 2018

Lundi 15 octobre, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, qui s’était fait fort il y a moins d’un mois de trouver une solution, a annoncé que le scénario arrêté par Ford à ce jour est celui de la fermeture complète de l’usine FAI de Blanquefort et le licenciement des 900 travailleurs.

Dans un communiqué, Ford a confirmé qu’il repoussait le plan du seul repreneur qui se soit porté candidat, le belge Punch Powerglide, en justifiant cela, comble du cynisme, par le fait qu’il ne pense pas que « le plan de l’acquéreur… limite le risque futur de suppressions d’emplois » !

La réalité est sans doute plus simplement une affaire de gros sous. Le plan de reprise par Punch prévoit que Ford finance une période de transition en passant commande de boîtes de vitesse auprès de Punch pendant deux ou trois ans. Ford, qui optimise sa production en la réorganisant à l’échelle du globe, estime que le site de Blanquefort, même repris par Punch, grèverait encore trop ses profits.

Même si Ford et Punch trouvent finalement un accord, aux frais de la collectivité, comme on ne peut en douter, si le site est effectivement repris par Punch, il est d’ores et déjà prévu que ce soient les travailleurs qui payent. Le plan de reprise ne concernerait au plus que 360 d’entre eux, qui perdraient 13 jours de RTT, se verraient imposer un gel des salaires, une diminution de 12 % de la prime d’équipe et la suppression de la prime de cantine. 150 ouvriers seraient mutés sur l’usine sœur Getrag, qui produit des boîtes de vitesse manuelles, et les 400 restants seraient pour la plupart poussés vers des pré-retraites de misère, à hauteur seulement, comme dans le plan de licenciements, de 70 % de leur salaire. Les profits de Punch seraient par contre garantis à 100 %, les collectivités locales et l’État étant d’ores et déjà prêts à le subventionner à hauteur de 17,5 millions d’euros.

Bruno Le Maire et les élus régionaux se plaignent d’être menés en bateau par Ford. Mais eux mènent les travailleurs en bateau avec leurs discours et leurs promesses qui ne servent qu’à les lanterner. Ford ou Punch sont ceux qui possèdent les capitaux et ce sont eux qui décident en fonction seulement de leur profit. Pendant que patrons et gouvernement se renvoient la balle, c’est la vie et l’avenir des travailleurs et de leurs familles qui sont en jeu.

Pour les emplois comme pour de meilleures conditions de départ, les travailleurs n’ont d’autre choix que de lutter pour faire payer les patrons le plus cher possible. Ils ne peuvent compter que sur le rapport de force qu’ils sauront instaurer.

Correspondant LO