CHU – Rouen : dans de sales draps

17 Octobre 2018

On sait que le personnel soignant des hôpitaux est au bout du rouleau. Ce qu’on sait moins, c’est que la politique d’économies à outrance pèse à tous les niveaux, frappe toutes les catégories.

Ainsi, lundi 8 octobre, une partie du personnel de la blanchisserie du CHU de Rouen a débrayé pour exiger de la direction des conditions de travail correctes et les embauches que cela nécessite. Ils en ont profité pour dénoncer devant France 3 les cadences infernales, et sont allés devant la direction du CHU pour demander à être reçus.

Avec le linge de quatorze autres établissements en plus du CHU, c’est au total 28 tonnes de linge par jour qu’il faut laver. Comme les effectifs ne permettent pas de le faire, la direction de la blanchisserie a fait mine de traiter le problème… en allongeant les horaires de fonctionnement, mais sans le moindre effectif supplémentaire.

Par exemple, au tri du linge, là où sept personnes travaillent en une seule équipe, il n’y en a plus que deux par équipe, mais il y a trois équipes : le matin, le soir et la fin de semaine. Les cadences sont devenues impossibles à tenir, et la direction parle même de monter une équipe de nuit… toujours sans augmenter l’effectif ! Cela devient intenable.

Du linge sale qui n’a pas pu être traité, faute de monde, pourrit littéralement devant l’usine. Parfois, du linge souillé doit être jeté, faute d’avoir pu être lavé à temps. Du coup, au CHU il y a pénurie de linge propre. On doit perdre du temps à en chercher dans les services voisins, voire à l’autre bout de l’hôpital, à la lingerie, pour se dépanner. En désespoir de cause on utilise même des draps jetables en non-tissé.

Devant le coup de colère des travailleurs de la blanchisserie, la direction a accepté d’envoyer une vingtaine d’intérimaires en renfort… pour une quinzaine de jours pour le moment.

Pas sûr que cela suffise à faire tomber la fièvre…

Correspondant LO