Budget 2019 : au plus grand profit de la bourgeoisie

17 Octobre 2018

L’Assemblée nationale a commencé lundi 14 octobre l’examen du projet de loi de finances 2019, avec 2 000 amendements à la clé.Le gouvernement déclare que son projet est destiné à « ceux qui travaillent ». Mais dans les faits il accélère les coupes dans les dépenses publiques et amplifie les cadeaux au capital.

Dans sa présentation, le ministre des Comptes publics a mis en avant la poursuite de la baisse de la taxe d’habitation, que tous les locataires n’ont pas vraiment constatée. Il met en exergue le petit coup de pouce donné aux heures supplémentaires alors que bien des travailleurs voudraient déjà simplement avoir un travail, et à temps plein pour pouvoir espérer en vivre. Les prétendus six milliards de baisse d’impôts annoncés par Darmanin sont largement compensés par les hausses de tous les prélèvements, de la CSG aux taxes sur l’essence.

Tout ce qui, dans les dépenses budgétaires, sert à la population est en baisse. Ce sont d’abord plus de 4 100 suppressions de postes dans la Fonction publique, dont 1 800 à l’Éducation nationale, 1 600 au ministère du Travail, en particulier à Pôle emploi. Elles s’ajoutent à la réduction drastique du nombre d’emplois aidés, moins 70 000 dès l’année prochaine. Et le gouvernement promet d’aggraver encore la tendance avec 120 000 suppressions de postes d’ici la fin du quinquennat.

Sous prétexte de résorber le déficit, le gouvernement a décidé de faire des économies massives sur tout, les pensions de retraite, les aides personnalisées au logement amputées d’un nouveau milliard d’euros. Les diverses allocations ne suivront même pas la hausse officielle de l’inflation.

Mais cette nécessité de combler le déficit de l’État que le gouvernement présente comme un impératif incontournable pour justifier les suppressions d’emplois et de services utiles à la population, devient très secondaire lorsqu’il s’agit de distribuer des faveurs aux plus riches.

Le budget 2019 prévoit ainsi d’augmenter de 1,7 milliard les dépenses du ministère des Armées, pour financer l’achat d’engins de mort dernier cri.

La bourgeoisie peut se réjouir de ce budget qui va se traduire par la transformation du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en baisse de charges pérenne. Cette simple mesure va coûter 40 milliards d’euros cette année, l’équivalent des quatre cinquièmes du budget de l’Éducation nationale. Le patronat touchera non seulement le remboursement du CICE pour 2018, mais va bénéficier en sus de la baisse des charges à partir de janvier 2019. Cerise sur le gâteau, l’impôt sur les sociétés devrait passer de 33,3 % à 31 % au cours de l’année.

L’État, que certains continuent de présenter comme le garant d’une forme de redistribution, montre à travers ce budget qu’il est là pour servir d’abord les plus riches, et de façon de plus en plus ouverte, aux dépens de l’ensemble des classes populaires.

Gilles BOTI